Jeune fille sur un lit d'hôpital, portant une minerve et reliée à un électrocardiogramme.

Chaque année, la France compte 5 millions d’accidents dits “domestiques”[1], dont 20 000 d’entre eux entraînent le décès de la victime. De 2014 à 2018, on a ainsi dénombré 208 735 consultations aux urgences ayant pour cause un accident domestique[2].

Les premiers touchés par ces décès sont les enfants en bas-âge, âgés de 1 et 4 ans. Les accidents de la vie courante font ainsi presque 7 fois plus de morts[3] que les accidents de la route.

La plupart des parents, qui s’en sentent responsables et honteux, n’en parlent pas. Ces accidents donnent donc l’impression d’être rares, alors qu’en réalité, ils sont monnaie courante.

Les chutes prennent le haut du classement des accidents domestiques, puisqu’elles comptent 9 400 décès par an[4], suivies par les 3 000 suffocations, et enfin par les 1 300 intoxications. Enfin, les brûlures touchent 19% des enfants.

Ces chiffres ne disent pourtant pas grand-chose. Pour leur donner du sens, il convient de définir ce qu’est un accident domestique, et d’analyser avec précision les causes de ces accidents chez les enfants âgés de moins de 15 ans.

Pas le temps de tout lire ? Ce qu’il faut retenir :

  • Les accidents domestiques appartiennent à la catégorie des accidents de la vie courante.
  • Les victimes sont majoritairement les enfants de moins de 5 ans.
  • La chute est la première cause d’accident domestique.
  • Les enfants de moins de 1 an constituent une population particulièrement à risque.
  • Les enfants de moins de 7 ans cumulent le plus grand nombre d’accidents domestiques.

Qu’est-ce qu’un accident domestique ? Définition

Un accident domestique fait partie de la catégorie des accidents de la vie courante (AcVC). Ces derniers correspondent à un traumatisme non intentionnel qui exclut les accidents de la route, les accidents du travail, et les effets secondaires liés à la prise de médicaments.

Les accidents de la vie courante se répartissent dès lors, soit par le lieu, soit par l’activité dans laquelle ils se réalisent. Cinq catégories de lieux ou d’activités sont ici répertoriées, dont les fameux accidents domestiques :

  1. Les accidents domestiques : ce sont des événements qui se déroulent dans un lieu d’habitation ou à ses abords. Il comprend :
  • la cour de la maison ou de l’immeuble,
  • le garage intérieur ou extérieur,
  • le jardin,
  • toutes les dépendances.
  1. Les accidents se produisant à l’extérieur du domicile :
  • magasins,
  • non loin du lieu d’habitation,
  • sur la voie publique (hors accident de la route).
  1. Les accidents survenant en milieu scolaire :
  • dans l’établissement ou ses dépendances,
  • lors du trajet,
  • durant les heures de sport.
  1. Les accidents liés à la pratique sportive.
  2. Les accidents survenant en vacances ou durant les loisirs.

Maintenant que l’accident domestique est mieux défini, il est temps de s’intéresser aux accidents qui frappent particulièrement les enfants de moins de 15 ans.

Accidents domestiques : portrait robot de l’enfant victime et analyse du risque

La vie d’un enfant est faite d’apprentissages, et le risque en fait partie. Les principaux changements ont lieu durant la première année de sa vie. Quatre phases se succèdent, qui viennent chacune avec de nouveaux risques pour l’enfant :

  • De 0 à 6 mois : le bébé est couché,
  • Entre 6 et 9 mois : le bébé s’assoit,
  • Entre 9 et 12 mois : le bébé se déplace à quatre pattes,
  • A partir de 12 mois : l’enfant marche.

A chacune de ces étapes apparaissent de nouveaux risques, dans une maison ou un appartement avant tout pensé pour les adultes. Le suivi des AcVc durant six mois[5], dans un hôpital de Dakar, permet de mieux cerner les risques qui entourent nos enfants, mais également quels enfants sont les plus touchés.

Quels sont les enfants les plus concernés par les accidents domestiques ?

S’il fallait proposer un portrait robot de l’enfant victime d’accidents domestiques, ce dernier serait :

  • un garçon,
  • l’aîné de la famille,
  • âgé de moins de 5 ans,
  • scolarisé,
  • né dans une famille aux revenus moyens.

Maintenant que nous connaissons le bambin, tentons de déterminer le jour, le lieu, l’heure et le type d’accident qu’il connaîtra :

  • nous serions un mercredi,
  • entre 16 heures et 18 heures,
  • dans la cour de la maison,
  • l’enfant serait victime d’une chute.

Nous connaissons l’enfant. Nous connaissons le moment et le type d’accident dont il va être victime. Intéressons-nous à ses blessures :

  • os fracturé,
  • au niveau d’un bras.

A peu de choses près, ce sont les résultats obtenus en France, à l’échelle nationale. Si les chutes sont au premier rang des causes de blessures, les hématomes et les contusions restent plus fréquents que les fractures.

Ces statistiques mettent en évidence un fait saillant : les accidents domestiques sont nombreux, et ils peuvent arriver à tout le monde.

Quels sont les risques d’accidents domestiques pour nos enfants ?

Les risques d’accidents domestiques sont divers et variés, ce qui rend leur prévention d’autant plus difficile. L’étude publiée en mai 2021 par Santé publique France, permet de cibler des accidents en particulier touchant les moins de 15 ans notamment[6] :

  • les chutes (particulièrement chez les moins de 1 an),
  • l’ingestion ou le contact avec des produits chimiques,
  • les asphyxies.

A lire : Poussée dentaire et collier d’ambre : 27% des familles ont déjà passé la corde au cou de leur bébé

Les accidents domestiques concernent ainsi 49% des accidents de la vie courante, et concernent principalement les enfants âgés de moins de 8 ans. Les accidents se déroulent généralement durant les activités de jeu et de loisirs, hormis pour les moins de 1 an.

En effet, ces derniers connaissent un grand nombre d’accidents durant la réalisation d’activités vitales, comme le fait de boire, de manger, ou encore de dormir. Il en va de même des chutes, qui les distinguent encore des autres enfants.

Si les enfants chutent majoritairement de leur propre hauteur, les enfants de moins d’un an connaissent ici une nouvelle exception, avec des chutes depuis des hauteurs de moins d’un mètre. On pense bien évidemment à la table à langer, et à ce moment d’inattention du parent.

Etant donné que les plus petits sont les plus exposés aux accidents domestiques, et que justement, ils se produisent à la maison, voici une carte qui vous permettra, en cliquant sur une pièce, d’accéder aux dangers et aux conseils pour prévenir les risques.

Encore une fois, les enfants ne peuvent pas être surveillés en permanence. Pour les protéger, il faut donc anticiper, en apprenant à adapter son logement à la présence de l’enfant.

Références

[1]
2016, Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC), Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

[2]
2021, Les accidents de la vie courante chez les moins de 15 ans en France métropolitaine. Analyse des données de l’enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC) sur la période 2014-2018, Santé publique France, 22 juillet 2021, site consulté en décembre 2022.

[3]
2022, Chiffres définitifs de l’accidentalité routière en 2021 : le nombre de morts en France métropolitaine à nouveau sous la barre des 3 000, Ministère de l’intérieur et des Outre-Mer, 01 juin 2022.

[4]
2016, Accidents domestiques. 20 000 décès par an en France, Ouest France, 02 juin 2016.

[5]
Azhar S.M., 2014, Les accidents de la vie courante chez l’enfant au CHU A. Le Dantec de Dakar : à propos de 201 cas., Université Cheikh Anta Diop de Dakar, mai 2014, doi : 10.13140/RG.2.1.2329.6726.

[6]
2021, Les accidents de la vie courante chez les moins de 15 ans en France métropolitaine. Analyse des données de l’enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC) sur la période 2014-2018, Santé publique France, 22 juillet 2021, site consulté en décembre 2022.

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