Ventre de femme en sous-vêtements pour caractériser l'endométriose.

L’endométriose touche 10% à 15% des femmes[1], soit au moins 190 millions de personnes à travers le monde[2]. Pourtant, cette maladie est peu connue, au point que la moitié des femmes souffrant d’endométriose doivent consulter un médecin au moins 5 fois avant d’être diagnostiquées[3].

Mais d’autres chiffres sont particulièrement frappants[4] :

  • 60% des femmes malades sont stériles,
  • 30% des femmes stériles souffrent d’endométriose,
  • 34% de femmes opérées gynécologiquement pour d’autres motifs étaient sujettes à l’endométriose,
  • 25% à 70% des femmes se plaignant de douleurs pelviennes sont malades de l’endométriose.

A titre d’exemple :

  • 5% à 8%, des femmes islandaises connaissent une endométriose transmise génétiquement,
  • 0.1% de la population féminine islandaise est dépistée chaque année avec une endométriose.

Pourtant, moins d’1 femme sur 3 a déjà entendu parler de cette maladie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette pathologie n’est diagnostiquée que 8 à 12 ans après l’apparition des premiers symptômes[5].

Si elle se retrouve très souvent au niveau de l’utérus, ces tissus peuvent aussi s’implanter au niveau des poumons ou encore du cerveau.

C’est justement un problème, car plus l’endométriose est diagnostiquée tardivement, plus ses conséquences sont graves. Il est donc important de savoir ce qu’elle est, pour la traiter au plus tôt.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

Définie simplement, l’endométriose est un développement de tissus similaires à ceux de l’utérus (endomètre), mais en dehors de celui-ci[6].

Elle peut être[7] :

  • Superficielle (endométriose péritonéale),
  • Profonde (endométriose sous péritonéale),
  • Ovarienne (kyste endométriosique ovarien).

Si elle se retrouve très souvent au niveau de l’utérus, ces tissus peuvent aussi s’implanter au niveau des poumons ou encore du cerveau[8].

Son origine, encore largement inconnue, fait toujours l’objet de débats dans la communauté scientifique.

Quels sont ses symptômes ?

Les femmes souffrant de l’endométriose présentent les symptômes suivants[9] :

  • 85.9% ont des douleurs menstruelles,
  • 68.5% ont des douleurs pendant et après les rapports sexuels,
  • 34.8% ont des douleurs au moment des selles, dont[10] :
    • 25% à 40% ont des diarrhées,
    • 14% alternent diarrhées et constipation,
    • 15% à 20% ont du sang rouge dans leurs selles,
    • Très rarement des ballonnements, voire des occlusions.
  • 28.3% ont des douleurs chroniques dans le bas ventre et dans le haut des parties génitales,
  • 15.3% ont une fatigue anormale,
  • 3.2% ont des brûlures lorsqu’elles urinent.

Toutefois, il faut savoir qu’il n’y a aucun lien entre la gravité des symptômes et la sévérité de l’endométriose[11]. C’est-à-dire que les symptômes peuvent être forts, sans pour autant que l’endométriose soit grave. D’ailleurs, 25% à 50% des femmes sont asymptomatiques[12].

A ce jour, aucune étude n’a apporté la preuve du caractère évolutif de la maladie.

Pourquoi ? Parce que les douleurs provoquées par la maladie sont directement liées à la profondeur et à l’emplacement des foyers d’endométriose. Si ces derniers compriment ou infiltrent un nerf, alors ils entraînent une douleur localisée[13].

Même les endométrioses superficielles peuvent entraîner des douleurs, du fait des substances qu’elles libèrent lors de leurs saignements (histamine et prostaglandine)[14].

Quels sont les 4 stades de l’endométriose ?

Apprécié par un score appelé R-AFS (Revisited American Fertility Society), ou ASRM (American Society for Reproductive Medicine) réalisé par coelioscopie, les stades de l’endométriose sont les suivants[15] :

Stade 1 : minime. La grossesse est spontanée dans 37% des cas.

  • Stade 2 : minime.
    • Foyers plus profonds,
    • Grossesse spontanée dans 37% des cas.
  • Stade 3 : modéré.
    • Foyers profonds et nombreux avec quelques adhérences fines,
    • Ovaire(s) sujet(s) à des endométriomes,
    • Grossesse spontanée dans 22% des cas.
  • Stade 4 : grave.
    • Foyers profonds et nombreux avec adhérences denses pouvant aller jusqu’à une adhérence du rectum sur l’utérus.
    • Grossesse spontanée dans seulement 3% des cas.

Néanmoins, cette présentation en “stade” ne présage en rien d’une évolution d’un stade 1 vers un stade 2, jusqu’à un stade 4. A ce jour, aucune étude n’a apporté la preuve du caractère évolutif de la maladie[16].

Quels sont les traitements contre l’endométriose ?

Les traitements de l’endométriose visent avant tout à agir sur l’ovulation, car une amélioration de la maladie a été constatée dans 2 situations précises[17] :

  • La grossesse,
  • La ménopause.

Les traitements mis en place peuvent donc rendre impossible une grossesse. Par conséquent, le démarrage des traitements dépend donc du désir de grossesse.

En effet, si les médicament oestro-progestatifs sont préférés, ou le danazol, ils vont bloquer les ovulations. Si les progestatifs sont utilisés, ils vont simuler une grossesse.

Les médicaments dits “analogues au GnRH” sont similaires à une castration, puisqu’ils simulent une ménopause, mais cette dernière n’est pas définitive. Le cycle menstruel peut être rétabli.

Pour quelles raisons l’endométriose entraîne-t-elle l’infertilité ?

3 éléments sont importants dans le lien entre l’endométriose et l’infertilité[18] :

  1. Sa localisation,
  2. Sa gravité,
  3. Les lésions associées.

Ainsi, l’endométriose peut obstruer ou étirer les trompes de Fallope, mais aussi porter atteinte à leur pavillon ou encore altérer l’ovulation.

Références

[1]
A. Quibel, 2012, Prise en charge diagnostique et thérapeutique de l’endométriose par les médecins généralistes de Saint-Maritime, Faculté mixte de médecine et de pharmarcie de Rouen, 2 avril 2012, page 23.

[2]
2021, Endométriose, Organisation mondiale de la santé (OMS), 31 mars 2021.

[3]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 69.

[4]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, pages 23-24.

[5]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 10.

[6]
2021, Endométriose, Organisation mondiale de la santé (OMS), 31 mars 2021.

[7]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 11.

[8]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 11.

[9]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 28.

[10]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 61.

[11]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 19.

[12]
A. Quibel, 2012, Ibid., 2 avril 2012, page 27.

[13]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 59.

[14]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 59.

[15]
Stades de l’endométriose, Le manuel Merck.

[16]
S. Gouesbet, 2020, Endométriose : perspectives des patientes sur leur prise en charge et profils symptomatologiques, Université Paris-Saclay, 1er octobre 2020.

[17]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 73.

[18]
V. Villejoubert, 2008, l’endométriose : traitements actuels et nouvelles approches thérapeutiques, université de Limoges, thèse n°331/1, page 60.

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