Nouveau né couché sur une couverture blanche et portant un bonnet bleu avec de petites oreilles.

Inflammations, infections, maladies sexuellement transmissibles comme le SIDA et jusqu’aux cancers, la circoncision est la solution à de nombreuses pathologies.

Pour autant, devez-vous prendre la décision, comme de nombreux Américains notamment[1], de circoncire votre enfant ? Quels sont les risques ?

Voici tout ce que vous devez savoir sur la circoncision, dont les avantages et les inconvénients semblent, selon les professionnels de santé, s’équilibrer.

Dans quels cas circoncire son enfant ?

0.8% à 1.6% des garçons sont circoncis durant leur enfance pour répondre à une pathologie. Il existe au moins 5 affections qui imposent cette pratique comme mode de traitement[2] :

  1. Le phimosis,
  2. Le paraphimosis,
  3. La balanoposthite,
  4. La balanite,
  5. Les infections urinaires.

1. Le phimosis

Il se caractérise par l’impossibilité de rétracter entièrement le prépuce, soit que celui-ci s’est contracté avec le temps, soit qu’il l’était déjà depuis la naissance[3].

En effet, entre 1% et 4% des garçons qui n’ont pas été circoncis connaissent une inflammation ou une infection du prépuce, appelée posthite, qui peut également toucher le gland (balanoposthite). Plus de la moitié d’entre eux y seront sujet avant l’âge de 12 ans[4].

Lorsque ces infections sont récurrentes, le prépuce peut se cicatriser et s’épaissir, et donc donner lieu à un phimosis.

Dans certains cas, c’est une maladie dermatologique, appelée lichen scléreux du pénis, qui engendre l’apparition d’un phimosis[5].

Les traitements locaux à base de cortisone permettent à 80% des garçons atteints de ne pas être circoncis.

2. Le paraphimosis

Dans cette affection, le prépuce décalotté se coince à l’arrière de la couronne du gland du pénis, causant un étranglement du gland.Il concerne 1% des hommes non circoncis de plus de 16 ans et 0.2% des enfants âgés de 4 mois à 12 ans.

Le paraphimosis peut alors avoir 4 conséquences[6] :

  • Un engorgement veineux,
  • Une atteinte vasculaire,
  • Un oedème,
  • Une nécrose.

Cette affection se rencontre lorsque le gland est décalotté durant une période trop longue. Après quelques heures ou quelques jours, le gland mal irrigué peut se nécroser.

Même chez un enfant circoncis, un paraphimosis peut apparaître. C’est notamment le cas lorsque trop peu de prépuce a été coupé durant l’opération de circoncision.

3. La balanoposthite

Le nom de la balanoposthite traduit deux affections[7] :

  • L’inflammation du gland (balanite),
  • L’inflammation du prépuce (posthite).

La balanoposthite se caractérise par une rougeur et un œdème du prépuce et du gland[8]. Elle touche entre 12% et 20% des hommes adultes non circoncis, car elle n’a pas moins de 3 origines possibles :

  • Une infection,
  • Une irritation,
  • Un traumatisme.

Les enfants de 2 à 5 ans restent toutefois les plus concernés par cette affection du fait de 2 facteurs :

  • Un défaut d’hygiène,
  • Un phimosis physiologique.

La circoncision va alors limiter la prévalence de la maladie de 68%.

A noter que des balanoposthites récurrentes peuvent être le signe d’un diabète non encore diagnostiqué[9]. En effet, les hommes malades d’un diabète sucré ont une prévalence de contracter cette maladie de 35%[10].

4. La balanite

Comme nous l’avons déjà dit, la balanite est une inflammation du gland qui se caractérise par des douleurs et des rougeurs. Moins commune que la balanoposthite, elle affecte tout de même 3% à 11% des hommes circoncis ou non circoncis.

Chez les hommes non circoncis, la balanite évolue souvent vers une posthite, donnant donc lieu à une balanoposthite.

La récurrence de la balanite peut amener à privilégier la circoncision, car cette dernière permet de limiter sa prévalence jusqu’à 68%. Cette méthode est notamment appliquée chez les patients diabétiques et immunodéprimés[11].

5. Les infections urinaires

Le prépuce concentre contre le gland des organismes uropathogènes. C’est la principale raison pour laquelle 1% des nouveau-nés de moins d’1 mois contractent une infection urinaire.

Chez les nourrissons, la circoncision permet de faire diminuer ces infections de 90%, tandis que chez les adultes, 23% des infections urinaires ne concernent que les hommes non circoncis.

Les infections urinaires peuvent aussi, et surtout, se manifester de manière récurrente chez les enfants souffrants de malformation des voies urinaires. Les reflux d’urine ou encore les obstructions de l’urètre ou de l’uretère vont engendrer des infections.

15% d’entre eux en subiront des cicatrices rénales, qui risqueront de nuire au bon fonctionnement des reins[12].

La circoncision est-elle utile contre les MST ?

Oui, la circoncision réduit les risques de contracter une maladie sexuellement transmissible, notamment le VIH. Pourquoi ? Parce que l’intérieur du prépuce est composé de nombreuses cellules appelées cellules de Langerhans[13].

Ce sont notamment ces cellules qui sont ciblées par le virus du SIDA pour infecter le corps. Un homme circoncis a ainsi 50% à 60% moins de risque de contracter le SIDA lors d’un rapport hétérosexuel qu’un homme non circoncis.

La circoncision diminue-t-elle les risques de cancers ?

Oui, et c’est autant le cas pour le cancer du col de l’utérus que pour le cancer du pénis lui-même.

Le cancer du pénis est principalement dû au phimosis, ce qui fait que cette forme de cancer ne touche quasiment que les hommes non circoncis.

On dit quasiment car le cancer du pénis est aussi dû au VPH (virus du papillome humain), qui est transmis par les femmes. Ainsi, 80% des cancers du pénis présentent de l’ADN du VPH[14].

Vaut-il mieux circoncire son enfant ?

Non, il n’est pas nécessaire de circoncire son enfant pour lui éviter d’éventuelles pathologies.

Prenons l’exemple des infections urinaires : pour éviter une seule infection urinaire chez un enfant ne souffrant pas d’anomalie des voies urinaires, il faudrait circoncire pas moins de 125 garçons[15].

Surtout, la circoncision n’est pas anodine, pour des avantages et des inconvénients qui s’équilibrent globalement.

Quels sont les dangers de la circoncision ?

1.5% des nouveau-nés et des nourrissons et 6% des adolescents et des adultes présentent des complications suite à la circoncision.

Chez les tout-petits, la douleur post-intervention aura des conséquences directes sur leur degré de résistance à la douleur lors des épisodes de vaccination ultérieurs[16].

Bien que rare, la circoncision peut conduire à une amputation partielle de la verge du fait d’une hémorragie ou d’une infection bactérienne.

Enfin, l’esthétique du pénis peut être affectée par la circoncision.

Conclusion

Nous n’avons aucune directive à vous donner quant à la circoncision de votre enfant. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’en cas de doute, suivez l’avis du corps médical.

Si la circoncision, visant à prévenir des affections, est largement inutile, elle peut devenir une excellente solution pour mettre fin à un problème qui s’est déclaré chez votre enfant.

Le circoncire par prévention, c’est l’exposer à un risque de complication qu’il n’aurait peut-être pas eu à connaître de toute sa vie. A l’inverse, attendre qu’il grandisse, voire même qu’il devienne adulte, augmente les risques de complication de 4.5%.

A vous de trancher la question.

Références

[1]
T. Sau, 2016, Aux Etats-Unis, tout est bon pour justifier la circoncision, Rue 89, 17 novembre 2016, site consulté en mars 2023.

[2]
A. Hohlfeld, S. Ebrahim, M. Zaki Shaik et autre, 2021, Dispositifs de circoncision par rapport aux techniques chirurgicales standard dans les circoncisions masculines d’adolescents et d’adultes, Cochrane Library, 31 mars 2021.

[3]
A. Hohlfeld, S. Ebrahim, M. Zaki Shaik et autre, 2021, Ibid..

[4]
B. N. Bragg, E.L. Kong, S.W. Leslie, 2022, Paraphimosis, Stat Pearls, 28 novembre 2022.

[5]
J-N Dauendorffer, 2019, Lichen scléreux du pénis, MAG (maladies anogénitales), 02 décembre 2019.

[6]
B. N. Bragg, E.L. Kong, S.W. Leslie, 2022, Ibid.

[7]
O.S. Perkins, S. Cortes, 2022, Balanoposthitis, Stat Pearls, 08 août 2022.

[8]
A. Hohlfeld, S. Ebrahim, M. Zaki Shaik et autre, 2021, Ibid..

[9]
A.A. Wray, J. Velasquez, S. Khetarpal, 2022, Balanitis, Stat Pearls, 04 juillet 2022.

[10]
O.S. Perkins, S. Cortes, 2022, Ibid.

[11]
A.A. Wray, J. Velasquez, S. Khetarpal, 2022, Ibid.

[12]
S.T. Sorokan, J.C. Finlay, A.L. Jefferies, 2015, La circoncision néonatale, Paediatrics Child Health, août-septembre 2015, 20(6): 316-320.

[13]
S.T. Sorokan, J.C. Finlay, A.L. Jefferies, 2015, Ibid.

[14]
S.T. Sorokan, J.C. Finlay, A.L. Jefferies, 2015, Ibid.

[15]
S.T. Sorokan, J.C. Finlay, A.L. Jefferies, 2015, Ibid.

[16]
S.T. Sorokan, J.C. Finlay, A.L. Jefferies, 2015, Ibid.

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