Petit garçon caucasien avec un regard agressif.

Votre enfant a 2 ans et vient d’entrer dans le Terrible Two. Un nom que vous ne connaissez peut-être pas, mais dont vous avez bien vu les conséquences sur son comportement. Il ne vous écoute plus et est constamment dans l’opposition.

Un cap à passer ou le début de graves troubles du comportement à l’âge adulte ? Les 2, car les scientifiques se sont rendus compte que cette période charnière a posé les bases de certaines carrières criminelles.[1]

Pourquoi ? Parce que le Terrible Two, qui touche tous les enfants, peut glisser vers des traits de caractère de dureté et d’insensibilité. Un comportement anti-social aux origines génétiques, mais qui peut être encadré.

Qu’est-ce que le Terrible Two ?

Le Terrible Two est une période de la petite enfance, durant laquelle nos petits bambins prennent le contrôle de leur corps et de leur comportement. Ainsi, le Terrible Two a 2 facettes[2] :

  • L’une, dans laquelle les adultes tentent d’établir des limites à l’enfant,
  • L’autre, dans laquelle les enfants tentent de trouver le bon comportement à adopter.

Dès lors, les parents, les nounous, et tous les adultes apparaissant dans la vie de l’enfant tentent de mettre en place, plus ou moins implicitement, la notion de panoptique développée par Foucault.

Autrement dit, par une surveillance continuelle de l’enfant, ils essaient de lui imposer des limites qu’il va internaliser au travers d’une auto-discipline induite par cette surveillance qu’il croit alors être constante.

Le but ? Éduquer des enfants qui deviendront des citoyens éduqués et moraux.

Le panoptique gêne-t-il le développement des tout-petits ?

Non. Pour une raison simple : 2 univers coexistent et se nourrissent l’un l’autre, à la crèche ou à la maison. L’un est celui des adultes qui contrôlent les enfants, l’autre est celui des enfants qui contournent les règles et les routines mises en place par les adultes.[3]

C’est ici qu’intervient l’idée de Deleuze et Guattari, qui n’est non pas celle d’un panoptique, mais d’une double structure[4] :

  • Un espace “lisse”, non hiérarchisé, nomade, qui est celui des enfants,
  • Un espace “strié”, hiérarchisé, sédentaire, qui est celui des adultes.

Ces 2 structures ne sont pas opposées l’une à l’autre, mais interdépendantes. D’autant plus que les enfants, tantôt organisent leur espace, tantôt le désorganisent, au gré de l’utilisation qu’ils en font. Ainsi, les 2 espaces, celui voulu par les adultes, et celui voulu par les enfants, se modifient mutuellement.

Ces modifications sont importantes, car les enfants ont aujourd’hui bien moins accès à des espaces de complète liberté que n’en avaient les générations qui les ont précédés. Cette liberté qu’ils prennent, en jouant sur les limites qui leurs sont imposées, leur permettent de garder un degré d’opportunisme et d’imagination, en lieu et place d’un monde entièrement normalisé, peuplé d’enfants bien ordonnés.[5]

Toutefois, le Terrible Two peut, chez certains enfants, cacher une tendance qu’il faut savoir contenir : le développement d’une dureté et d’une insensibilité anti-sociale.

Quelles sont les origines de la dureté et de l’insensibilité de l’enfant ?

Des parents durs et négatifs sont, en partie, à la base du comportement antisocial qu’adoptera leur enfant dans le futur.[6] En partie seulement, car la génétique joue un rôle prépondérant dans l’apparition de ce qui s’appelle en anglais “callous-unemotional traits” (les traits de dureté et d’insensibilité).

Comment s’en sont-ils rendus compte ? En étudiant le comportement d’enfants adoptés qui, bien que n’ayant aucun contact avec leur mère biologique, adoptent les traits antisociaux de cette dernière.

Quel comportement adopter pour adoucir l’enfant ?

Souvent, lorsque l’on parle de génétique, on pense que l’avenir est tout tracé et que rien ne pourra être fait pour changer un comportement. Et bien, c’est faux !

La même équipe de chercheurs s’est rendue compte que les mères adoptives, qui prenaient le parti d’avoir un comportement positif envers leur enfant, limitaient l’apparition de ce comportement.

Cela veut dire que ce n’est pas tant l’enfant qui doit être pris en charge, mais les parents qui doivent être formés à adopter un comportement positif.

Qu’est-ce qu’un comportement positif ?

Il ne s’agit pas du tout de faire des choses exceptionnelles. De petites interactions positives quotidiennes suffisent. De simples paroles encourageantes peuvent changer le comportement d’un enfant, avec un patrimoine génétique l’invitant à adopter des comportements anti-sociaux.

Références

[1]
Nature and nurture of the terrible twos: New insights into later behavior problems, Institute for Social Research, 8 avril 2016.

[2]
L. Gallacher, The terrible Twos : Gaining Control in the Nursery ? Northumbria University, août 2005, page 3.

[3]
L. Gallacher, The terrible Twos : Gaining Control in the Nursery ? Northumbria University, août 2005, page 19.

[4]
L. Gallacher, The terrible Twos : Gaining Control in the Nursery ? Northumbria University, août 2005, page 21.

[5]
L. Gallacher, The terrible Twos : Gaining Control in the Nursery ? Northumbria University, août 2005, page 22.

[6]
Nature and nurture of the terrible twos: New insights into later behavior problems, Institute for Social Research, 8 avril 2016.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *