Un bébé souriant se cache derrière un mur.

“Va ranger ta chambre tout de suite !”, “Fais tes devoirs maintenant !”, “Tais-toi !”, sont autant d’ordres que beaucoup de parents aiment donner.

Si vous ne comprenez pas encore comment remettre votre enfant dans le droit chemin sans donner des ordres, vous emporter ou lever la main, vous êtes au bon endroit.

Déjà dans les manuels d’éducation maternelle du XIXème siècle, on considérait cette approche comme particulièrement mauvaise.

Dans ce 5ème article consacré à la parentalité positive, nous allons voir pourquoi donner des ordres, ça ne fonctionne pas plus aujourd’hui que ça ne fonctionnait hier. Quand on parle d’hier, on pense même à avant-hier…

L’éducation à l’ancienne vous prescrit de ne pas donner d’ordre 

On vous voit déjà sauter devant votre écran en disant “Moi, je donne des ordres ! Les enfants, ça doit écouter et obéir ! L’éducation positive, c’est n’importe quoi ! Un truc de bobo en sarouel qui veulent que leurs enfants soient des joueurs de diabolo”. 

Rassurez-vous, parce que déjà dans les manuels d’éducation maternelle du XIXème siècle, on considérait cette approche comme particulièrement mauvaise. Néanmoins, grâce à l’extrait d’un ouvrage de 1863, vous allez tout de suite comprendre pourquoi vous pensez que l’approche autoritaire est la bonne.

Pourquoi pensons-nous qu’il faut être autoritaire avec les enfants ?

L’auteur posait la question suivante pour les enfants : “Comment développe-t-on l’esprit de domination ?” Dans la première partie de sa réponse, vous allez comprendre pourquoi vous pensez que votre approche est la bonne. Extrait[1] :

“Prenons-nous en à la condescendance aveugle et imprudente de ces parents qui abdiquent leur autorité en se soumettant aux caprices de leurs enfants, caprices auxquels ils subordonnent aussi les domestiques, même les instituteurs.”

On notera qu’au XIXème siècle, les parents n’avaient pas attendu l’éducation positive pour être laxiste. Comme quoi, l’un ne va pas avec l’autre. L’auteur continue :

“En permettant aux enfants de commander d’une manière impérieuse, tandis qu’ils doivent prier : car l’âge mérite d’être respecté chez un domestique, comme chez toutes les personnes qui entourent les enfants.”

Les parents donnent de leur côté l’exemple de l’esprit de domination poussé à l’extrême, l’enfant imite et exagère. Puis, il est trop tard.

Par conséquent, pourquoi croyons-nous à l’autorité ? Parce que nous avons peur d’être des parents laxistes, et d’avoir un ou plusieurs diables à la maison. Un de ceux qui tapent du pied et se permettent de faire des crises lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. 

Quelles sont les conséquences de l’autoritarisme des parents sur les enfants ?

C’est le même auteur de 1863, qui nous donne la réponse : 

“Lorsque, par leur langage et leurs actes, les parents donnent de leur côté l’exemple de l’esprit de domination poussé à l’extrême, l’enfant imite et exagère. Puis, il est trop tard, le pli une fois pris, se conserve ; et de génération en génération, vous voyez se transmettre dans certaines familles cet esprit de domination que l’on finit toujours par expier.”

Vous connaissez ce collègue qui donne des ordres sans même s’en rendre compte, même au chef de service ? Qui parle sèchement dans n’importe quelle situation ? Peut-être est-ce vous. 

Si vous pensez devoir éduquer votre enfant en aboyant des ordres à tout-va, il sera aussi celui qui souffrira d’un bien ennuyeux problème de communication.

Dès lors, comment faire pour être écouté, respecté et obéit ? 

Ne pensez pas que vous en ferez un leader, un directeur ou un officier. Non, non, non, souvenez-vous de la citation partielle de Nietzsche que nous avions donnée dans le premier article consacré à la parentalité positive. Voici cette fois la première partie de la phrase : 

“La même discipline rend capable le militaire et le savant, et, si l’on y regarde de plus près, il n’existe pas de bon savant, qui n’ait en lui les instincts du bon soldat… Savoir commander, et aussi savoir obéir fièrement[2].”

Faut-il être autoritaire avec les enfants ? 

L’éducation du XIXème siècle, et l’éducation positive aujourd’hui, vous conseillent fortement de ne pas donner des ordres à vos enfants. Dès lors, comment faire pour être écouté, respecté et obéit ? 

La solution tient en 3 mots : la coopération et l’écoute active. Le premier pas pour y parvenir, c’est de veiller sur son langage. On vous explique comment atteindre cet objectif dans notre prochain article.

A lire, épisode 6 : Parentalité positive : le choix des mots

Références

[1]
TH. Braun, Le livre des mères ou l’éducation maternelle, Parent et Fils éditeurs, Bruxelles, 1863, pages 82-83.

[2]
F. Nietzsche, La volonté de puissance Essai d’une transmutation de toutes les valeurs, traduction Henri Albert, page 447., International Journal of Epidemiology, juin 2011, 40(3): 563-582, doi: 10.1093/ije/dyq148.

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