Homme soûl, drogué par l'alcool et couché sur une table, les bras autour d'une bouteille vide.

L’alcool est une drogue dure car, comme nous allons le voir, il répond parfaitement aux 5 critères permettant de distinguer une drogue dure d’une drogue douce.

D’ailleurs, l’alcool, c’est [1] :

  • Le premier facteur de décès et d’handicap pour les 15-49 ans,
  • 14% de décès chez les 20-39 ans (blessures, cirrhoses, cancer…),
  • L’origine de 200 maladies,
  • La mort annuelle de plus de 2 millions de personnes à travers le monde.

L’alcool et les 5 critères de la drogue dure

Pour savoir si l’alcool est une drogue dure, analysons les 5 critères qui font qu’une drogue est qualifiée de dure [2] :

  1. Forte dépendance physique et psychique,
  2. Accroissement progressif de la consommation,
  3. Administration par voie intraveineuse,
  4. Effets psychiques intenses et dépersonnalisants,
  5. Importante toxicité pour le consommateur.

1. L’alcool entraîne-t-il une forte dépendance ?

Le Vidal, qui renseigne les professionnels sur les produits de santé, est très clair. L’alcool entraîne un “désir” de boire qui peut devenir “impossible à maîtriser” et qui “doit être assouvi”. Il est une “obsession”, qui passe outre toutes les conséquences négatives de ce comportement sur la famille, les amis, le travail.

La dépendance à l’alcool devient physique. Des symptômes de manque apparaissent durant 7 à 10 jours, lors de l’arrêt de la consommation d’alcool [3] :

  • Etat de manque,
  • Tremblements,
  • Sudation abondante,
  • Tachycardie,
  • Hyperventilation,
  • Hypertension,
  • Agitation,
  • Irritabilité,
  • Insomnies,
  • Angoisses,
  • Cauchemars,
  • Humeur dépressive.

Tous ces symptômes se manifestent dans la meilleure des situations. Entre elles et le delirium tremens (qui peut entraîner la mort), vous avez :

  • Des tremblements violents qui empêchent de parler et marcher,
  • Des hallucinations (vision d’insectes),
  • Une peur intense,
  • Des délires de persécution.

2. L’accroissement progressif de la consommation

C’est ce qui s’appelle “l’effet d’accoutumance”. Il existe dans la consommation d’alcool. Plus une personne s’habitue à la consommation d’alcool, plus elle doit en boire pour en ressentir les mêmes effets.[4]

3. Peut-on prendre de l’alcool en intraveineuse ?

Oui. Certains alcooliques s’injectent de l’alcool par voie intraveineuse.[5]

Trois cas sont même documentés [6] :

  • Le premier est celui d’un sans-domicile fixe de 29 ans, dépendant à l’héroïne, aux amphétamines et à l’alcool, qui déclare aux urgentistes s’injecter de la vodka, du sherry et du whisky, par voie intraveineuse depuis 9 ans,
  • Le deuxième est celui d’un homme de 29 ans, sans emploi, marié et père d’un enfant, dépendant à l’héroïne et à l’alcool. Il déclare à l’équipe médicale s’être injecté de la vodka en intraveineuse durant 10 ans, à raison de 4 fois par semaine,
  • Le troisième est le cas d’un homme de 35 ans, sans emploi et vivant dans un abri pour sans-domicile fixe. Dépendant à la méthadone et à l’alcool, mais également consommateur occasionnel d’héroïne et d’amphétamine, il déclare s’être injecté de l’alcool par voie intraveineuse durant 3 ans, notamment de la bière une fois par semaine.

Ils aimaient la rapidité de l’effet de l’alcool et l’utilisation de la seringue. L’un utilisait même l’injection d’alcool comme palliatif au manque d’héroïne.

Le cas 3 est particulièrement intéressant dans ses motivations, et démontre la grande dépendance qu’un homme peut avoir envers l’alcool. Le gérant du refuge dans lequel il vivait interdisait la consommation d’alcool. Par conséquent, pour ne pas être trahi par l’odeur de son haleine, il s’injectait l’alcool directement par voie intraveineuse.

Existe-t-il d’autres voies d’administration de l’alcool ?

Oui. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la voie orale et la voie intraveineuse ne sont pas les seules à être utilisées pour consommer de l’alcool, puisqu’on a aussi trouvé :

  • L’alcool sniffé,
  • Le tampon périodique à la vodka,
  • Le lavement à l’alcool.

Certaines personnes, particulièrement les jeunes de la classe moyenne anglaise fréquentant les night-clubs, sniffent de l’alcool. Même le prince Harry en a sniffé lors d’un voyage en Namibie[7].

Ce sont peut-être les adolescentes finlandaises qui ont trouvé la méthode la plus originale pour faire entrer l’alcool dans leur sang : passer par leur vagin. Il suffit de tremper le tampon périodique dans la vodka avant de l’insérer. Évidemment, cette tendance a fait des émules jusqu’aux Etats-Unis[8].

Parce que l’égalité des sexes est importante, les adolescents américains ont fait la même chose, grâce à leur rectum.[9]

Cette pratique nous a naturellement amené à nous poser la question d’une éventuelle pratique sexuelle mêlant sodomie et alcool. Bien-sûr, le “butt-chugging” existe. Il mêle lavement à la vodka et pratique sexuelle. Il amène lui aussi nos jeunes expérimentateurs aux urgences des hôpitaux.[10]

4. Effets psychiques de l’alcool et dépersonnalisation

Voici la liste des effets psychiques de l’alcool[11] :

  • Perte de mémoire,
  • Insomnies,
  • Angoisse,
  • Impulsivité,
  • Dépression,
  • Agressivité,
  • Psychose.

7 effets qui font de l’alcool une drogue aux effets psychiques littéralement “hallucinants”.

Qu’en est-il de la dépersonnalisation, cette sensation d’être à l’extérieur de son propre corps, en dehors de sa propre conscience ?[12] Elle existe bel et bien avec l’alcool. Les cas sont rapportés par le corps médical.[13]

5. L’alcool est-il toxique ?

Oui. Intéressons-nous à l’overdose pour le mettre en évidence. L’overdose d’alcool entraîne[14] :

  • Une confusion mentale,
  • Des vomissements,
  • L’inconscience,
  • Des convulsions,
  • Une sudation,
  • Des troubles respiratoires,
  • Une bradycardie,
  • Une baisse de la température corporelle,
  • Des lésions cérébrales,
  • La mort.

Références

[1]
2023, Alcohol’s Effects on Health, Global Burden, National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism.

[2]
Drogue dure, Thésaurus de l’activité gouvernementale.

[3]
Symptômes de seuvrage, Aide Alcool Belgique.

[4]
L’alcool, Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH).

[5]
2013, Injection d’alcool, Drogue Info Service France.

[6]
A.S. Mahdi, A.J. McBride, 1999, Intravenous Injection of Alcohol By Drug Injectors: Report of Three Cases, Alcohol and Alcoholism, Volume 34, numéro 6, novembre 1999, pages 918-919.

[7]
2007, Prince Harry Reportedly Snorted Vodka, CBS News, 9 octobre 2007.

[8]
D. Falzone, 2013, Vodka-Soaked Tampons: Teens Using Dangerous Tactic to Avoid Getting Caught, Fox 17, 04 novembre 2013.

[9]
M. Santia, 2012, Dangerous trend: Kids soaking tampons in vodka to get drunk, Click On Detroit, 04 juin 2012.

[10]
E. El Mazloum, R. Snenghi, S. Barbieri et autres, 2015, “Butt-chugging” a new way of alcohol assumption in young people: Rafi El Mazloum, European Journal of Public Health, Volume 25, numéro supplémentaire 3, octobre 2015.

[11]
Les effets psychiques de l’alcool, Aide Alcool Belgique.

[12]
D. Spiegel, 2021, Trouble de la dépersonnalisation/déréalisation, Le Manuel MSD, Université de Stanford, école de médecine.

[13]
E.B. Raimo, R.A. Roemer, M. Moster et autre, 1999, Alcohol-induced depersonalization, Biological Psychiatry, juin 1999, 1;45(11):1523-6, doi: 10.1016/s0006-3223(98)00257-1.

[14]
Understanding the Dangers of Alcohol Overdose, National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, mis à jour en novembre 2022.

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