Petite fille joue seule dans une chambre d'enfant avec une petite voiture.

Le lit et le canapé représentent la première cause d’accidents pour les enfants de moins de 4 ans, aux Etats-Unis[1]. Pourtant, la chambre à coucher de nos enfants n’est pas le premier endroit auquel l’on pense.

Prévenir les risques de blessures ou de décès pour nos enfants, nous impose de ne pas laisser dans leur chambre de jouets inadaptés à leur âge.

Les pièges sont pourtant partout pour les plus jeunes :

  • jouets inadaptés à leur âge,
  • fenêtre ouverte,
  • présence du chat,
  • prises électriques non protégées,
  • oreiller (y compris les coussins de positionnement).

Voilà autant de risques pour nos enfants, qui amènent chaque année, aux Etats-Unis, plus de 255 500 enfants aux urgences[2], soit une prévalence de ces accidents correspondant à 1% de la population des moins de 4 ans. Les enfants les plus touchés sont ceux âgés de moins d’un an, puisqu’ils concentrent presque 30% du nombre total de ces accidents.

En quoi une fenêtre, un chat, ou bien encore un jouet, peut-il être dangereux pour nos enfants ? Comment faire pour prévenir les accidents ?

Pas le temps de tout lire ? Ce qu’il faut retenir

  • Les chutes, les étouffements et les suffocations font partie des principales causes de blessures et de décès chez les enfants.
  • 250 enfants tombent par la fenêtre chaque année, dont 30 en décèdent.
  • Le confinement de 2020 a multiplié par trois le nombre de défenestrations.
  • Les chats peuvent étouffer un nourrisson, ce n’est pas un mythe.
  • Les cache-prises n’éliminent pas le risque d’électrocution des enfants.
  • Les coussins de positionnement ont déjà tué des nourrissons.
  • Les yeux et les boutons de certaines peluches peuvent étouffer les enfants.

Les jouets inadaptés à l’âge des enfants

Une étude américaine[3] menée avec 21 ans de données récoltées dans les services d’urgence des hôpitaux du pays (1990 à 2011), a permis de mettre en évidence des chiffres qui donnent le tournis :

  • plus de 3 millions d’enfants ont été pris en charge,
  • 149 003 accidents ont été reportés par an,
  • une augmentation des accidents de 39.9% entre 1990 et 2011 a été constatée,
  • les enfants âgés de deux ans sont surreprésentés,
  • 63.4% sont des garçons,
  • 80.3% des accidents ont lieu à la maison,
  • 34.9% des accidents faisaient suite à des jouets enfourchés.

Cette évolution du nombre des accidents sur la période 1990-2011 n’est certainement pas liée à un défaut de surveillance plus important de la part des parents, mais bien plus sûrement à l’augmentation du nombre de jouets achetés.

En effet, rien que de 2011 à 2016, la croissance annuelle moyenne du marché américain du jouet a été de 4[4]. Ce qui correspond, sur cette période, à une augmentation de 17.29%. La multiplication des jouets entraîne donc une multiplication du risque.

L’unité d’analyse des risques de la commission américaine de la sécurité des produits pour les consommateurs (Consumer Product Safety Commission) permet de faire ressortir les principales causes de décès d’enfants âgés de moins de 12 ans, liées à l’usage des jouets. Par ordre d’importance, l’on compte[5] :

  • les chutes,
  • les étouffements,
  • les ingestions d’objets,
  • les suffocations.

Quelle différence entre étouffement et suffocation ? L’étouffement consiste en l’impossibilité de respirer du fait d’une obstruction interne de l’œsophage ou du larynx. La suffocation est une obstruction externe, c’est-à-dire de la bouche et du nez.

250 enfants qui passent par la fenêtre chaque année.

On constate ainsi qu’à l’exception des chutes, prévenir les risques de blessures ou de décès pour nos enfants, nous impose de ne pas laisser dans leur chambre de jouets inadaptés à leur âge. Ces jouets sont ceux, assez petits, ou constitués de pièces détachables assez petites, pour pouvoir être avalées.

Le blocage de la trachée-artère, ou du larynx, par un objet de petite taille, entraînera la mort sans prise en charge rapide. Si une telle expérience devait vous arriver, attrapez votre petit enfant ou votre nourrisson, posez le sur vos genoux, jambes vers vous et tête devant votre genou. Frappez trois fois entre ses omoplates pour débloquer l’objet.

Voici une démonstration en vidéo :

Si votre enfant a déjà perdu connaissance, tentez cette manœuvre, et commencez immédiatement un massage cardiaque pour maintenir la circulation du sang dans son corps jusqu’à l’arrivée des secours.

Voici une démonstration de massage cardiaque sur un tout petit :

Les dangers ne se limitent pas aux jouets, il est temps de s’intéresser à quelque chose qui semble bien plus anodin : la fenêtre.

Les dangers d’une fenêtre ouverte pour un enfant

Il n’y a rien de plus normal que d’ouvrir la fenêtre d’une chambre pour l’aérer. Ce geste quotidien peut facilement faire passer au second plan le risque qu’une fenêtre représente pour un enfant.

Les conséquences d’une fenêtre ouverte ont été particulièrement mises en évidence durant le confinement de l’année 2020, imposées dans de multiples pays du monde, dont la France.

C’est le cas d’une petite fille de cinq semaines, asphyxiée par un chat.

L’étude des interventions de neuf départements d’urgence, en France, a mis en évidence une augmentation importante des chutes non-intentionnelles par les fenêtres, balcons et terrasses[6]. Le confinement a ainsi multiplié par 3.2 les cas de défenestration, avec 11 cas sur la seule année 2020.

Les chiffres pour la France entière sont plus inquiétants. Ce ne sont ainsi pas moins de 250 enfants qui passent par la fenêtre chaque année, dont 30 meurent de leurs blessures[7].

Par conséquent, lorsque vous souhaitez aérer une pièce de votre logement alors que vous avez un enfant dans les parages, préférez l’oscillo battant à l’ouverture complète. Si vous ne pouvez pas faire autrement, car vous secouez des draps par la fenêtre, ou autre, gardez toujours un œil sur votre bambin. Ne quittez jamais la pièce pour faire autre chose, même pour trente secondes. Une chute est aussi vite arrivée qu’il vous faut de temps pour fermer la fenêtre.

Lorsque l’on vous dit que cela se passe vite, ce n’est pas une figure de style. La moitié de ces chutes ont lieu en présence d’un adulte.

Parler de passer par la fenêtre ne peut que nous amener au prochain sujet, puisque lui retombe toujours sur ses pattes : le chat.

Le chat, l’enfant, et le couffin

Le chat qui tue le bébé par étouffement, est-ce un mythe ? Une croyance populaire infondée ? C’est en tout cas ce que certains affirment. Il n’y aurait pas de preuves, pas de cas avérés de mort de nourrissons liée à la présence du chat.

Pourtant, certains cas de mort subite du nourrisson pourraient bien avoir un lien direct avec ce fameux félin. C’est le cas d’une petite fille de cinq semaines, asphyxiée par un chat[8], ou encore d’un autre enfant d’1 mois[9].

Les cache-prises ne fonctionnent pas toujours comme on le pense.

L’information peut être dure à lire pour les grands amoureux des chats, mais il peut bel et bien tuer. A l’inverse du chien, ce ne sera pas d’un coup de dent, ni même d’un coup de griffe, mais d’un excès d’affection.

Vous avez bien lu. Comment se passe l’irréparable ? Votre bébé dort dans son lit et le voici rejoint par le chat. Ce dernier a la mauvaise idée de se coucher sur lui. Par son poids, ou sa position sur la tête du nouveau-né, le chat va entraîner la suffocation de votre enfant.

Alors, un conseil, faites dormir votre nourrisson dans sa chambre, porte fermée si vous avez des animaux de compagnie. Les petits enfants et les animaux domestiques, quoi qu’en pensent certains, ne font pas bon ménage. Une attention de tous les instants doit leur être apportée lorsqu’ils sont ensemble.

Les enfants et les prises électriques

Une prise électrique, ce sont deux trous, et la sourde envie pour un enfant d’y insérer quelque chose. Après tout, c’est le principe même de la prise que de recevoir la fiche d’un câble d’alimentation… mais pas autre chose.

Ce qu’il convient d’adopter, ce sont les cache-prises. Attention toutefois, les cache-prises ne fonctionnent pas toujours comme on le pense. Aucun n’empêche totalement vos enfants d’accéder au réseau électrique[10]. Ils leur rendent simplement la tâche plus difficile.

Les coussins de positionnement, et par extension les coussins de manière générale, peuvent être dangereux pour les nourrissons.

Par conséquent, ne pensez pas que vos enfants sont protégés car vous auriez placé des cache-prises sur chaque arrivée d’électricité. La meilleure solution pour prévenir une électrocution par introduction d’un objet dans la prise, est que cet objet n’existe pas.

La tâche qui nous incombe à tous, en tant que parents, est de repérer ce qu’un enfant pourrait utiliser pour tester la sécurité du tableau électrique du logement :

  • fourchette,
  • couteau,
  • épingle,
  • crochet,
  • etc.

Bref, tout ce qui est assez fin et dur pour entrer dans une prise de courant doit être banni de la chambre à coucher. Alors oui, l’enfant peut chercher un outil qu’il a repéré et l’insérer dans les prises. On n’est jamais à l’abri d’un accident. Toutefois, on peut limiter le risque qu’il se produise, même si l’on ne peut jamais l’éliminer complètement.

Surtout, on peut expliquer très tôt à l’enfant, lorsqu’il commence à s’intéresser aux prises électriques, qu’il ne faut pas y toucher car elles sont dangereuses. Pour beaucoup, cela suffit à faire en sorte qu’ils ne s’en approchent pas avec autre chose que le câble qu’il vous voit insérer quotidiennement pour charger votre ordinateur, votre téléphone, votre tablette, etc.

Conseil : lorsque votre enfant veut insérer un câble pour vous, laissez-le faire. Le fait de pouvoir brancher votre ordinateur, votre téléphone ou encore le mixeur, ne lui donnera pas l’irrépressible envie d’essayer d’y insérer autre chose.

Le danger des coussins de positionnement pour les enfants

Une étude[11] des cas de mort de nourrissons par suffocation, menée sur des données récoltées de 2004 à 2015 aux Etats-Unis, a permis de déterminer que les coussins de positionnement, et par extension les coussins de manière générale, peuvent être dangereux pour les nourrissons.

40% des blessures chez les enfants de moins de 1 an sont causées par des suffocations ou des étouffements.

Ces décès, qui impliquent tous un coussin de positionnement en forme de “U”, s’expliquent par les raisons suivantes :

  • les nourrissons ont glissé du coussin. Leur bouche et leur nez ont alors été obstrués par un autre objet (doudou, autre coussin, etc.),
  • le coussin a lui-même bloqué les voies aériennes de l’enfant.

Les auteurs de l’étude soulignent que ces morts sont extrêmement rares, puisqu’on en compte 9 qui ont été répertoriées en 11 ans. Il en va donc des nécessités de chaque parent, en fonction des besoins de l’enfant, d’apprécier la nécessité d’utiliser ce type de coussins.

En cas d’utilisation des coussins de positionnement, reportez-vous à la notice d’utilisation. Cette dernière explique toujours comment y positionner son bébé en toute sécurité.

Attention aux peluches chez les nourrissons

C’est le cadeau que nos enfants ont tous reçu à leur naissance, de l’un ou l’autre membre de la famille : une peluche. C’est beau, c’est doux, le bambin l’aime beaucoup. Mais attention, les peluches constituent un risque pour les tout-petits.

Au Canada, 40% des blessures chez les enfants de moins de 1 an sont causées par des suffocations ou des étouffements[12]. Tous les 110 accidents, un nourrisson meurt. Toutes ne sont pas liées à des peluches, mais elles y contribuent.

D’ailleurs, si vous avez fait le lien entre les peluches et les oreillers, l’obstruction de la bouche et du nez par la peluche n’est pas forcément le problème le plus à craindre. En matière de peluche, il faut penser à la problématique que nous avions déjà évoquée avec les colliers d’ambre.

A lire : Poussée dentaire, 27% des familles ont déjà passé la corde au cou de leur bébé

Quel rapport entre les colliers d’ambre et les peluches ? La résistance à la traction. Comme le collier d’ambre était censé pouvoir casser en cas de tension supérieure à 450 grammes, les boutons et les yeux des peluches sont censées pouvoir tenir une charge supérieure ou égale à 9 kilogrammes durant cinq minutes[13].

Pourquoi ? Pour éviter à votre enfant de pouvoir arracher l’une de ces parties et, en la portant à la bouche, de l’avaler de travers. Ces petits objets sont de nature à entraîner un blocage interne des voies aériennes, et donc un étouffement.

Voici l’une des raisons pour lesquelles acheter des jouets ou des peluches sur internet peut être dangereux. Tous ne répondent pas aux normes strictes imposées par la législation de l’Union européenne, notamment les normes EN 71-2 (inflammabilité et résistance) et EN 71-3 (migration de produits chimiques).

Conclusion

Éliminer tout risque dans la chambre de nos enfants est impossible. Par contre, les limiter est tout à fait envisageable. C’est d’ailleurs l’objectif qu’il convient de se fixer. S’il peut paraître facile à atteindre, la réalité est tout autre.

Entre l’oreiller, le doudou, ou encore le chat, le danger peut se trouver partout. C’est pourquoi il convient d’être particulièrement attentif à l’environnement des tout-petits. Si malgré toutes les précautions prises, un accident devait se produire, il convient de suivre les gestes de premier secours que nous avons mentionnés.

Surtout, ne perdez jamais de vue qu’au moins un accident de la vie courante, domestique ou non, va arriver à votre enfant durant sa jeunesse. Qu’il s’agisse d’un étouffement, d’une chute à vélo, ou encore d’une brûlure, l’existence est une aventure qui comporte des risques que l’on ne peut pas toujours éviter, mais souvent prévoir.

Références

[1]
Goodier R., 2018, Falls from soft furniture are leading cause of toddler injuries, Healthcare & Pharma, 7 novembre 2018, site consulté en décembre 2022.

[2]
Goodier R., 2018, Falls from soft furniture are leading cause of toddler injuries, Healthcare & Pharma, 7 novembre 2018, site consulté en décembre 2022.

[3]
Abraham V.M., Gaw C.E., Chounthirah T., et autres, 2015, Toy-related injuries among children treated in US Emergency Departments, 1990-2011, Clinical Pediatrics (Phila), février 2015, 54(2):127-37, doi: 10.1177/0009922814561353.

[4]
Ren F., Zhang Y., Liu G., 2021, Introduction to the Science Popularization Industry, Springer Nature Singapore éditions, 12 août 2021, page 143.

[5]
Qin A., 2020, Toy-Related Deaths and Injuries Calendar Year 2019, U.S. Consumer Product Safety Commission, novembre 2020, tableau 4.

[6]
Chaffard-Luçon M.-P., Beltzer N., Rigou A. et autre, Child defenestration: An unexpected collateral effect of the first COVID-19 lockdown!, Archives de pédiatrie, avril 2022, 29(3), 249-252, doi: 10.1016/j.arcped.2022.01.012.

[7]
Prévention des risques de défenestration, Pompiers.fr, site consulté en décembre 2022.

[8]
1982, Kearney M.S., Dahi L.B., Stalsberg H., Can a cat smother and kill a baby?, British Medical Journal, 285(6344):777.

[9]
T.E.C. Jr, 1971, On cats and crib death, Pediatrics, 01 mars 1971, 47(3):515, doi: 10.1542/peds.47.3.515.

[10]
Ridenour M., 1997, Age Appropriatness and Safety of Electric Outlet Protectors for Children, Perceptual and Motor Skills, mai 1997, doi: 10.2466/pms.1997.84.2.387.

[11]
Cottengim C., Parks S.E., Erck Lambert A.B. et autre, 2020, U-Shapped Pillows and Sleep-Related Infant Deaths, United States, 2004-2015, Maternal and Child Health Journal, février 2020, 24(2):1-7.

[12]
2012, Preventing choking and suffocation in children, Canadian Paediatric Society, mis à jour le 1er janvier 2020, site consulté en décembre 2022.

[13]
2012, Preventing choking and suffocation in children, Ibid.

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