Enfant portant des produits ménagers.

Dès l’âge de trois mois, un enfant se met à attraper les objets qui se trouvent autour de lui. Si c’est encore un peu tôt pour attraper une casserole sur une plaque de cuisson, ce ne sera plus le cas six mois plus tard.

Sur 2 957 cas d’enfants brûlés, 32.9% l’ont été dans la cuisine, et plus de 50% avaient moins de deux ans.

Une fois que votre enfant sait se tenir debout, et commence à marcher, les risques d’accidents domestiques augmentent. Dans la cuisine, ils sont nombreux. Dans un pays comme le Royaume-Uni, ce sont 67 000 enfants[1] qui sont blessés chaque année dans cette seule pièce de la maison.

Comment s’en prémunir ? C’est ce que nous vous expliquons, en repérant les dangers qui fourmillent dans notre cuisine.

La cuisine et les brûlures

La cuisine est la pièce qui pose le plus de risques en matière de brûlures. Les occasions sont en effet nombreuses :

  • plaque de cuisson,
  • allumettes,
  • casserole d’eau bouillante ou de sauces brûlantes,
  • incendies accidentels.

Le grand classique des brûlures reste la plaque de cuisson, qui est généralement le premier contact entre l’enfant et une forte chaleur. Combien de nos enfants ne peuvent s’empêcher de toucher les brûleurs en fonctionnement, malgré le fait qu’on les prévienne par un traditionnel : “Attention, tu vas te brûler.” ? Probablement tous.

Ce qui pose le plus de problèmes en matière de blessures graves, ce n’est pas la main qui touche au feu ou à la plaque de cuisson encore brûlante, mais bien la casserole dont le manche dépasse.

Cette casserole remplie d’une eau bouillante ou d’une sauce, et que l’enfant vient saisir pour en recevoir le contenu brûlant sur lui. Plus insidieux encore, c’est l’enfant qui joue ou passe à proximité de la casserole et reçoit des projections d’eau bouillante.

Sur 2 957 cas d’enfants brûlés[2], 32.9% l’ont été dans la cuisine, et plus de 50% avaient moins de deux ans. Les conséquences des brûlures sont loin de n’être que physiques.

Les conséquences des brûlures sur la vie des enfants

Les résultats de l’étude précédemment citée nous apprennent que les causes de décès sont, chez les enfants, le plus souvent engendrées par :

  • des explosions dans la cuisine,
  • des feux de cuisine.

Ces accidents, plus encore que ceux liés aux ébouillantements, peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur la vie des victimes. Si les adultes sont loin d’être épargnés, et que les femmes sont les premières victimes des accidents en cuisine, les enfants représentent 50% des blessés, notamment les garçons[3].

L’ingestion de produits ménagers entraîne des blessures irréversibles.

Les blessures liées aux brûlures perturbent profondément les enfants victimes[4]. La douleur, les interventions médicales mises en place, et les cicatrices qui peuvent perdurer pour le reste de leur vie, peuvent affecter le reste de leur vie.

Les blessures engendrées par la brûlure n’entraînent pas seulement un état de stress post traumatique chez l’enfant brûlé[5], mais induisent un état de stress encore plus grand chez les parents.

Pourtant, les parents tiennent un rôle primordial dans la récupération psychologique de leur enfant brûlé. Leur présence est indispensable durant la durée de l’hospitalisation de leur enfant, et jusqu’à leur complet rétablissement.

Heureusement, la plupart des enfants déclarent ne pas se sentir différent après leurs brûlures et disent être revenus à une vie normale[6]. Toutefois, psychologiquement, entre la crainte du regard des autres, et la sensation qu’une petite chose pourrait reproduire les mêmes conséquences, certains enfants brûlés ne seront plus jamais tout à fait les mêmes.

La cuisine et les produits ménagers

C’est l’un des problèmes majeurs de beaucoup de familles : conserver les produits ménagers dans la cuisine. Dans l’esprit d’un enfant, cette pratique ne peut être que contre-intuitive. Pourquoi ? Parce que la cuisine est l’endroit où nous lui apprenons à manger.

Les couteaux sont les objets qui causent le plus grand nombre de blessures handicapantes.

Trouver des produits chimiques qui peuvent le tuer ou lui causer de graves séquelles en cas d’ingestion, est donc quelque chose qu’il ne peut que difficilement concevoir. C’est la raison pour laquelle ne faire que le prévenir est insuffisant, il faut changer de lieu de stockage.

Bien souvent, ce lieu de stockage se trouve sous l’évier de la cuisine, exactement à la bonne hauteur pour qu’un enfant d’un an soit capable de les saisir… et de les goûter.

L’ingestion de produits ménagers entraîne des blessures irréversibles[7]. Qu’ils soient corrosifs ou caustiques, les tissus bucco-pharyngés peuvent se nécroser en profondeur et de manière irréversible.

Si la majeure partie des ingestions de produits ménagers[8] sont non intentionnelles (99% des cas), elles se produisent généralement à la maison (96% des cas). C’est pourquoi, l’idée de certaines personnes de mettre des produits comme de l’eau de javel, dans une bouteille d’eau sans étiquette, est une très mauvaise idée. Quand bien même il y est écrit “eau de Javel”, encore faut-il que l’enfant sache lire, et qu’il comprenne que l’eau de Javel n’a rien à voir avec de l’eau d’Evian.

Les blessures au couteau

Deux écoles s’affrontent en ce qui concerne les couteaux dans la cuisine. Les parents qui décident d’apprendre très tôt aux enfants à se servir de ces ustensiles, et ceux qui leur interdisent de les toucher.

Nous n’allons pas discuter de la bonne attitude à adopter, car encore faudrait-il que l’un de ces enseignements soit meilleur que l’autre. Or, en la matière, les deux enseignements se rejoignent en un point précis : “on ne joue pas avec un couteau”.

Le nombre d’incendies est 2.5 fois plus important au Royaume-Uni avec des plaques électriques.

Pour ceux qui apprennent à leurs enfants à utiliser les couteaux très tôt, il ne faut jamais oublier de leur apprendre comment les transporter : pointe vers le bas. Pourquoi ? Car en cas de chute, se déplacer avec la pointe vers le haut risque de mener à un enfoncement de la lame dans le corps du bambin et ce, jusqu’à la garde.

Les blessures au couteau ne sont pas à prendre à la légère. Les couteaux sont les objets qui causent le plus grand nombre de blessures handicapantes[9]. Les doigts sont les parties le plus souvent blessées, pouvant causer des sectionnements des tendons et/ou des nerfs.

Les accidents ne sont pas rares, et concernent autant les enfants que les adultes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les institutions rappellent les bonnes pratiques aux restaurateurs en matière de bons usages des couteaux[10]. On parle donc ici de travailleurs adultes, alors imaginez le risque pour les enfants.

Conseils pour limiter les risques de blessures dans la cuisine

Une cuisine présente toujours des risques pour un enfant, et même pour un adulte. La présence d’objets tranchants, comme des couteaux ou des ciseaux, est indispensable. De même que la présence d’un système de chauffe des aliments, qu’il soit électrique ou à gaz.

N’allez pas croire que le gaz soit plus dangereux qu’une plaque électrique. Au contraire, la National Fire Protection Association anglaise, relève que le nombre d’incendies est 2.5 fois plus important au Royaume-Uni avec des plaques électriques[11].

Par conséquent, pour limiter les risques, il convient de toujours veiller à :

  • ne pas laisser dépasser les manches de casseroles posées sur une plaque de cuisson,
  • interdire aux enfants de jouer avec des objets tranchants (couteaux, ciseaux, etc.),
  • ne surtout pas stocker les produits ménagers dans la cuisine (encore moins sous l’évier),
  • de prévenir vos enfants sur les dangers qui existent dans la cuisine.

Pour ceux qui se posent encore la question de savoir s’ils doivent laisser leurs enfants utiliser ou non les couteaux, sous la supervision d’un adulte, il n’existe qu’une seule règle :

“On ne joue pas avec les objets tranchants.”

Références

[1]
Greenwood V., 2022, The hidden dangers lurking in your kitchen, British Broadcasting Corporation (BBC)08 mars 2022, site consulté en décembre 2022.

[2]
Puthumana J.S., Ngaage L.M., Borrelli M.R. et autres, 2021, Risk factors for cooking-related burn injuries in children, WHO Global Burn Registry, Bulletin of the World Health Organization, 1er juin 2021, 99(6):439-445, doi: 10.2471/BLT.20.279786.

[3]
Dissanaike S., Rahimi M., 2009, Epidemiology of burn injuries: highlighting cultural and socio-demographic aspects, International Review of Psychiatry, décembre 2009, 21(6):505-11, doi: 10.3109/09540260903340865.

[4]
Egberts M.R., Geenen R., Van Loey N.E.E. et autres, 2018, The aftermath of burn injury from the child’s perspective: A qualitative study, Journal of Health Psychology, 29 septembre 2018, Volume 25, Issue 13-14, doi: 10.1177/1359105318800826.

[5]
Egberts M.R., van de Schoot R., Geenen R., et autre, , Mother, father and child traumatic stress reactions after paediatric burn: Within-family co-occurrence and parent-child discrepancies in appraisals of child stress, Burns Journal, juin 2018, 44(4):861-869, doi: 10.1016/j.burns.2018.01.003.

[6]
Egberts M.R., Geenen R., Van Loey N.E.E. et autres, 2018, The aftermath of burn injury from the child’s perspective: A qualitative study, Ibid.

[7]
Fieux F., Le Gall C., Chirica M., et autres, 2013, Ingestion de produits ménagers (caustiques essentiellement) : évaluation de la gravité et du pronostic, Urgences 2013, Société Française de Médecine d’Urgence.

[8]
Yen C.-W., Lee E-P., Cheng S.-C., 2021, Household cleaning products poisoning in a pediatric emergency center: A 10- year cross-sectional study and literature review, Pediatrics & Neonatology, novembre 2021, 62(6):638-646, doi: 10.1016/j.pedneo.2021.05.026.

[9]
Smith G.A., 2013, Knife-related injuries treated in United States emergency departments, 1990-2008, Journal of Emergency Medicine, septembre 2013, 45(3):315-23, doi: 10.1016/j.jemermed.2012.11.092.

[10]
Safe use of knives in the kitchen, Health and Safety Executive, site consulté en décembre 2022.

[11]
Greenwood V., 2022, The hidden dangers lurking in your kitchen, British Broadcasting Corporation (BBC)08 mars 2022, site consulté en décembre 2022.

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