Photo en noir et blanc d'un enfant en bas-âge portant un téléphone filaire à son oreille.

Votre enfant parle tout seul et vous vous demandez si tout est normal ? Oui, ça l’est. Rassurez-vous, votre tout-petit n’est pas sur le chemin de la schizophrénie, bien au contraire.

Il est en train de passer par une étape importante de son développement. Mieux encore, ce dialogue avec lui-même conditionne sa capacité future à développer une activité cérébrale complexe[1]. Elle est d’ailleurs le corollaire à notre propre parole intérieure. Vous savez, celle que vous utilisez pour lire cet article dans votre tête.

Se parler à soi-même à haute voix est justement une activité que l’on voit apparaître très tôt chez les tout-petits, pour atteindre un pic durant les premières années d’école.

Ce monologue va ensuite évoluer vers un chuchotement, une parole semi-privée qui va ensuite devenir totalement silencieuse car intériorisée. En tout cas, c’est ce que pense Vytgotski, un psychologue russe qui propose cette genèse à la formation de notre petite voix.

Cette parole intérieure serait d’ailleurs le corollaire à la pensée verbale, outil indispensable à l’apprentissage, à la mémoire de travail et même à la résolution de problèmes. Mais cela, c’est pour les adultes, et nous allons y revenir dans un article entièrement consacré à cette question.

A lire : Parole intérieure : d’où nous vient cette petite voix dans notre tête ?

Pourquoi l’enfant se parle-t-il à lui-même ?

Tout simplement car il n’est pas encore en mesure de penser avec cette petite voix qui résonne dans notre for intérieur d’adultes, et même dans celui des enfants plus âgés que lui.

De quoi parle-t-il ? Souvent, il décrit ce qu’il voit, ce qu’il fait, le résultat qu’il attendait de son action et le résultat qu’il voit apparaître devant lui, etc.[2]

Pourquoi le monologue des enfants est souvent incompréhensible ?

Parce que son discours est justement un monologue. Il n’a pas pour but d’entrer en communication avec un tiers. Il utilise donc des abréviations, court-circuite sa réflexion, et se comprend lui-même[3].

Références

[1]
The Early Development of “Self Talk” and its Relantionship to Early Learning Success, Université de Melbourne

[2]
L. Kohlberg, J. Yaeger, Else Hjertholm, 1968, Private Speech: Four Studies and a Review of Theories, Society for Research in Child Development, septembre 1968, volume 39, numéro 3, pages 691-736.

[3]
L. Kohlberg, J. Yaeger, Else Hjertholm, 1968, Ibid.

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