Jeune femme rousse qui se ronge les ongles.

Ronger ses ongles porte un nom : l’onychophagie. Si vous êtes onychophage, sachez que vous êtes loin d’être seul à avoir les ongles rongés, car cela concerne[1] :

  • 20% à 30% de la population, 
  • 37% des 3 – 21 ans, 
  • 21.5% des 18 – 35 ans. 

Aucun genre n’est épargné, puisque ronger ses ongles concerne autant les hommes que les femmes. 

Ronger ses ongles a des causes obscures

Chez certains c’est une activité inconsciente, chez d’autres une passion assumée, mais pour tout le monde les causes restent inconnues : 

  • Génétique, 
  • Anxieuse, 
  • Psychiatrique, 
  • Etc. 

Si personne n’en connaît l’origine, nombreux sont ceux à en connaître les conséquences. 

Ronger ses ongles a au moins 15 conséquences

  • Déformation ou dégénérescence du lit unguéal, 
  • Infection de l’ongle, 
  • Infection de la bouche, 
  • Réduction de la taille des ongles, 
  • Infection des tissus entourant l’ongle, 
  • Contraction d’herpès ou de papilloma virus,
  • Ostéomyélite (destruction des os par des bactéries ou des champignons),
  • Paronychie (inflammation du pli unguéal),
  • Ébrèchement des dents, 
  • Fracture des incisives, 
  • Inflammation des gencives, 
  • Aphtes, 
  • Atteinte de l’articulation temporo-mandibulaire, 
  • Parasitisme intestinal, 
  • Infection de l’estomac.

La liste semble s’arrêter là. Si elle est aussi longue, c’est parce que la majorité des personnes qui se rongent les ongles ont :

  • Une plus mauvaise hygiène dentaire que la moyenne, 
  • L’habitude d’avaler leurs ongles et les bactéries qui vont avec. 

Comment arrêter de se ronger les ongles ?

Il n’y a pas de médicament magique pour arrêter de se ronger les ongles. L’approche est même multidisciplinaire puisqu’elle implique : 

  • La psychosociologie, 
  • La psychiatrie, 
  • La dermatologie, 
  • Le soin dentaire. 

S’il s’agit de votre enfant, les conseils des spécialistes sont clairs : 

  • L’atmosphère familiale doit être encourageante, 
  • Les moqueries des frères et soeurs empêchées, 
  • L’encouragement à la confiance en soi omniprésente.

Pour ce qui est de la thérapie, l’application d’un vernis amer sur les ongles est le premier traitement préconisé.

Vient ensuite la manucure, qui permet non seulement de protéger l’ongle, mais aussi de donner envie à l’onychophage d’arrêter de se ronger les ongles. 

Ces traitements peuvent s’accompagner d’une thérapie cognitivo-comportementale. Le but de celle-ci est de mettre fin au phénomène de copiage du comportement d’un autre membre de la famille ou du cercle d’amis. 

Des cas d’hypnothérapies ont également été rapportés ces dernières années, en conjonction d’une thérapie cognitivo-comportementale. 

Pour les plus petits, l’usage de jetons utilisés comme une récompense fonctionne également.

Enfin, une thérapie d’inversion des habitudes peut être menée. Elle repose sur 3 éléments : 

  • La prise de conscience de l’habitude, 
  • La mise en place d’alternatives (chewing-gum, etc.), 
  • Soutien des proches. 

Des solutions radicales pour ne plus se ronger les ongles

Certains onychophages sont plus déterminés que d’autres. Après être allés jusqu’à s’habituer au vernis amer, il leur faut des solutions extrêmes : 

  • Se bander le bout des doigts, 
  • Prendre de la Fluoxétine (un inhibiteur de la sérotonine),
  • Prendre de la clomipramine (un antidépresseur). 

Seul problème de ces 2 médicaments : ils peuvent exacerber les comportements impulsifs. 

Ronger ses ongles peut entraîner la mort

C’est notamment ce qui est arrivé à un britannique de 40 ans[2]. John Gardener a contracté une septicémie en rongeant ses ongles. Ce dernier ouvrait continuellement la peau qui entourait ses ongles, jusqu’à saigner. 

Hospitalisé, les médecins ont tenté de le sauver durant 2 semaines, avant que l’infection n’atteigne son cœur.  

Ce n’est pas un cas isolé, puisqu’un autre britannique, Luke Hanoman, est aussi passé tout près de la fin pour avoir rongé ses ongles[3]. En 2018, ce jeune homme de 28 ans contracte lui aussi une septicémie. 

Hospitalisé d’urgence, lui s’en est sorti. Tout comme cet Ecossais de 48 ans, transporté d’urgence par sa femme, après que son doigt blessé soit passé du rouge au vert avant de devenir purulent[4]

Steven MacDonald venait de contracter une paronychie. Alors que sa femme, infirmière, constate une éruption cutanée partant du doigt touché et remontant le long de son bras, elle l’emmène à l’hôpital. Grâce à elle, il est opéré en urgence, et sauvé in extremis. 
De la parole des médecins, si Steven était arrivé à l’hôpital quelques heures plus tard, il serait mort.

A lire : Faut-il circoncire son enfant ?

Références

[1]
M. Baghchechi, J. L. Pelletier, S.E. Jacob, 2020, Art of Prevention: The impotance of tackling the nail biting habit, International Journal of Women’s Dermatology, 2021 Jun; 7(3): 309-313, doi: 10.1016/j.ijwd.2020.09.008.

[2]
T. Miller, Man dies heart attack caused by nail biting habit, New-York Daily News, 11 mars 2014.

[3]
B. Hickey, This guy almost died from biting his fingernails, Philly Voice, 10 mai 2018.

[4]
Scottish man nearly dies after nail biting leads to serious infection, The Scotsman, 28 janvier 2020.

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