Deux enfants dont l'une écrit sur un cahier et l'autre regarde de près.

Par “mots”, il faut entendre tournure de phrases. Vous avez bien compris que les enfants sont des exemples, et qu’ils vont répéter à loisir les mots que nous employons, même les moins recommandables.

Pour les tournures de phrase, c’est exactement la même chose. Un enfant va répéter ce que nous disons, à ses amis comme à nous-mêmes.

Dans ce sixième article consacré à la parentalité positive, nous vous expliquons pourquoi donner des ordres peut vite se retourner contre nous, et avoir l’effet inverse de celui escompté.

Pourquoi devons-nous changer notre manière de demander les choses à nos enfants ?

Lorsque nous donnons des ordres à nos enfants, ils s’imprègnent de ce mode de communication. Si vous l’avez déjà fait, ou que vous le faites à la maison, vous avez constaté que vos enfants vous donnent des ordres.

Sauf qu’eux, ils ne le font pas avec l’idée de vous donner un ordre, mais bien avec cette logique qu’il s’agit de la bonne façon de demander à quelqu’un de faire quelque chose. C’est évident, puisque c’est ainsi que vous lui demandez de faire des choses.

Pour un début, privilégiez les “peux-tu”, “veux-tu”, suivi des fameux mots magiques “s’il te plaît” et “merci”.

Le fait que lui s’adresse à vous de cette façon n’est jamais agréable, et encore moins en public. Généralement, vous allez lui rappeler qu’il ne peut pas, en tant qu’enfant, s’adresser à un adulte de cette façon, encore moins à ses parents.

Il va le comprendre, mais lorsque que viendra votre tour de lui donner un ordre, il ne comprendra plus pourquoi vous, vous pouvez lui parler de cette façon, et qu’il doit s’exécuter.

C’est ici que la communication commence à se gripper avec votre enfant. Il n’a plus envie de vous écouter et encore moins de faire ce que vous lui demandez de faire. Le mot magique est pourtant le même pour vous, qu’il ne l’est pour lui.

Quelles tournures de phrase privilégier pour guider un enfant ?

D’emblée, bannissez les phrases impératives de votre vocabulaire, car elles vont vite se retrouver dans sa bouche. Mettez les “fais-ci”, “fais-ça” au placard.

Pour un début, privilégiez les “peux-tu”, “veux-tu”, suivi des fameux mots magiques “s’il te plaît” et “merci”. Les mots qu’on essaie de lui faire dire, envers tout un chacun, doivent d’abord passer par nous.

C’est maintenant que la connaissance de votre enfant fera la différence.

Ce n’est qu’un début, car la meilleure façon de s’exprimer reste d’utiliser les formules “pourrais-tu”, “voudrais-tu”, et pour les plus inspirés “aurais-tu l’amabilité de”. Ne pensez pas que vous vous rabaissez devant votre enfant en parlant ainsi.

Celui-ci va employer exactement les mêmes termes pour ses propres demandes. La seule chose que l’intelligentsia trouvera à dire, c’est que vous êtes une famille bien polie. Nul besoin de le cacher : la politesse se perd, et ça commence à la maison.

Exemple de bonnes formulations de vos demandes

De manière concrète, qu’est-ce que cela donne de bien parler à ses enfants, pour qu’en retour, ils fassent ce que vous souhaitez et s’adressent respectueusement à vous ?

Cas pratique avec la télévision :

  • Pourrais-tu s’il te plaît éteindre la télévision…

9 fois sur 10, votre enfant fait comme s’il ne vous avait pas entendu.

  • et t’amuser sur une nouvelle activité, comme lire un livre ou faire un puzzle ?

Vous venez d’offrir une porte de sortie à votre enfant. En lui proposant une nouvelle activité, vous augmentez considérablement vos chances qu’il quitte la télévision.

Mais, il se peut très bien qu’il n’éteigne pas la télévision, car il regarde son épisode préféré. Vous l’avez déjà remarqué, à la télé, tous les épisodes sont ses préférés.

  • Tu peux le mettre sur pause et continuer de le regarder plus tard.

Vous venez de proposer une solution à ce qui est son problème majeur : pouvoir regarder la fin de l’épisode. Il y a des chances qu’il obéisse, mais que faire s’il veut continuer à regarder la télévision ?

Non seulement votre enfant sera frustré et associera le livre à sa frustration, mais en plus, s’il est caractériel, il le déchirera devant vous.

Pensez le problème tel qu’il est : votre enfant est dans une activité qu’il réalise seul. Qu’est-ce qui peut lui donner envie d’arrêter ? Une activité à faire avec vous, évidemment !

Proposez-lui avec joie de lui lire l’histoire qu’il voudra, de jouer aux voitures, d’aller taper le ballon dans le jardin, de s’amuser au piano (le vrai, le piano-jouet ou le piano-livre), d’aller faire du vélo…

Bref, c’est maintenant que la connaissance de votre enfant fera la différence. Pour le couper de la télé à laquelle il est bien accro, vous n’aurez plus qu’à détourner son attention de l’appareil. Comment ? A vous de voir :

  • Par des chatouilles,
  • Par le jeu du ballon devant lui,
  • Par des blagues,
  • Etc.

Dans tous les cas, en adoptant un comportement qui montre que vous avez vraiment envie de passer du temps avec lui, et de prendre un plaisir plus grand que celui qu’il ressentira à regarder la télévision.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Reprenons l’exemple de la télévision. A la place de lui proposer de jouer avec vous, vous l’invitez à lire un livre. Votre enfant s’en fiche du livre, car pour lui, quitte à faire une activité seul, autant regarder la télévision.

Agacé, vous l’éteignez vous-même et envoyez votre petit téléspectateur dans sa chambre, voire pire, vous lui imposez un livre. Non seulement votre enfant sera frustré et associera le livre à sa frustration, mais en plus, s’il est caractériel, il le déchirera devant vous.

Le problème, c’est que ce résultat viendra directement de votre action. C’est vous, en vous y prenant n’importe comment, qui serez à l’origine de son acte.

Mettez-vous à sa place : combien de fois l’avez-vous placé devant la télévision pour être tranquille pendant que vous faisiez autre chose ? Maintenant qu’il fait ce que vous l’avez si souvent invité à faire, vous voulez qu’il fasse autre chose, et tout aussi seul.

Pour lui, dans sa recherche de plaisir, qu’a-t-il à gagner ? Rien, donc il ne voudra pas le faire. Ce sera la crise à la maison.

Pensez toujours à ce que votre enfant peut gagner à faire quelque chose

Quand vous voulez que votre enfant fasse une activité alors qu’il fait déjà autre chose, pensez à ce qu’il peut en tirer.

S’il ne voit pas de bénéfices plus importants à faire l’activité que vous lui proposez plutôt que celle qu’il fait déjà, pourquoi en changerait-il ? Voici la preuve qu’il réfléchit de manière rationnelle.

Surtout, gardez à l’esprit que l’activité, quelle qu’elle soit, doit être ludique. Même apprendre des choses doit être ludique. C’est là qu’est tout le défi.

Pensez à ses devoirs d’école pour comprendre l’immensité du challenge, et tout de suite ce problème de télé vous semble plus simple.

A lire, épisode 7 : Parlez avec vos enfants

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