Puberté précoce garçon

Une puberté précoce chez le garçon se caractérise par le développement d’une pilosité pubienne et axillaire avant l’âge de 9 ans. Elle peut être liée à une lésion du système nerveux central, confirmée par imagerie cérébrale[1]

Toutefois, avant d’en arriver à cette conclusion, le pédiatre a de nombreux éléments à prendre en compte. 

Comment diagnostiquer la puberté précoce d’un garçon ?

Souvent alerté par les parents, le pédiatre va réaliser : 

  • Un examen physique approfondi, 
  • Consulter les antécédents médicaux, 
  • Vérifier la courbe de croissance. 

Cet examen vise notamment à déterminer si[2]

  • Le grand axe testiculaire est >2.5 cm, 
  • Le volume des testicules et du scrotum est augmenté, 
  • Une pilosité apparaît à la base du pénis, 
  • Le pénis a cru et s’est élargi,
  • Une pilosité d’apparence adulte est apparue, 
  • Des poils ont poussé sur la face interne des cuisses. 

L’ensemble des éléments que le pédiatre prendra en compte lui permettront de déterminer l’origine de la puberté précoce, qui peut être : 

  • Centrale, 
  • Périphérique, 
  • Incomplète. 

Qu’est-ce que la puberté centrale ? 

Lorsqu’elle est centrale, son origine est hypothalamique. C’est-à-dire qu’elle provient de la région du cerveau appelée hypothalamus, ainsi que de la glande située juste en-dessous, à la base du crâne : l’hypophyse. C’est notamment elle qui émet une hormone entraînant la production de testostérone par les testicules[3]. On parle alors d’activation de l’axe hypothalamo-hypophysaire. 

Généralement bénigne, cette puberté précoce peut aussi avoir pour origine : 

  • Une tumeur cérébrale, 
  • Une malformation cérébrale, 
  • Une neurofibromatose (croissance de tissus nerveux), 
  • Une hyperthyroïdie sévère non traitée.

Dans tous les cas, la croissance précoce se solde également par son arrêt prématuré durant l’adolescence. Ainsi, les enfants victimes d’une puberté précoce sont moins grands qu’anticipé par la courbe de croissance. 

Qu’est-ce que la puberté périphérique ? 

Bien moins fréquent que la puberté centrale, la puberté précoce périphérique est souvent la conséquence d’une tumeur, d’une anomalie de la glande surrénale ou de l’immaturité d’un testicule qui augmente les taux d’androgènes et d’oestrogènes. 

Les changements corporels dépendent ainsi directement du type d’hormone produit, et non pas du sexe de l’enfant. On parle alors de signes pubertaires hétérosexuels. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas conformes au sexe génétique. Par exemple, il peut s’agir d’une puberté thélarche, c’est-à-dire une puberté précoce marquée par le développement des seins chez un garçon.

A l’inverse, ces signes pubertaires seraient dits isosexuels s’ils correspondaient au sexe génétique de l’enfant[4].

Qu’est-ce que la puberté incomplète ?

Seuls quelques éléments de la puberté se manifestent. Chez les garçons, une puberté précoce incomplète est très généralement pubarche, c’est-à-dire qu’elle concerne la pilosité des poils pubiens. On distingue ainsi les signes de puberté[5]

  • Pubarche (pilosité pubienne), 
  • Gonadarche (développement des testicules), 
  • Adrénarche (hormones androgéniques surrénaliennes). 

Ces changements sont le plus souvent bénins. Ils sont la conséquence d’une production accrue d’androgènes par la glande surrénale, mais sans augmentation des taux d’oestrogènes et de gonadotrophines[6]

La puberté précoce du garçon se soigne-t-elle avec des médicaments ? 

Oui, mais pas toujours. Avant de proposer un traitement médicamenteux, le pédiatre endocrinologue va tout d’abord considérer : 

  • L’âge de l’enfant, 
  • L’évolution de sa puberté, 
  • La rapidité de sa croissance. 

Dans le cadre d’une puberté précoce n’ayant aucun lien avec une tumeur ou une autre maladie (ex. : retrait d’un kyste), le médecin va déterminer si le garçon atteint de puberté précoce est susceptible d’atteindre une taille normale à l’âge adulte. 

En effet, bien que la puberté commence plus tôt pour lui que pour celle de ses camarades, sa croissance va également s’arrêter plus tôt. Il est donc possible qu’à l’âge adulte, sans traitement, il reste bien plus petit que ses pairs. 

Le but d’un éventuel traitement est donc de lui garantir une taille adulte normale, tout en limitant son anxiété liée aux changements corporels qui l’affectent. 

Références

[1]
K. Rifai, Y. El Khayat, A. Gaouzi, 2022, Puberté précoce : expérience de l’unité d’endocrinologie pédiatrique à l’Hôpital d’Enfant de Rabat, The Pan African Medical Journal, 23 juin 2023, doi 10.11604/pamj.2022.42.149.29289.

[2]
Dr. Cheri Deal, Quand la puberté arrive trop tôt, guide à l’intention des pédiatres du Canada, Université de Montréal.

[3]
I. H. Hirsch, Puberté chez les garçons, Le manuel Merck, version pour le grand public, février 2023.

[4]
Dr. Cheri Deal, Ibid.

[5]
Dr. Cheri Deal, Ibid.

[6]
A. Calabria, Puberté précoce, Le manuel Merck, version pour le grand public, septembre 2022.

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