Fleurs de digitale, de couleur violettes, en forme de doigts de sorcière.

Les plantes dangereuses pour les enfants ne sont pas nombreuses, mais elles sont partout : dans les prés, sur les terrains vagues, et jusque dans les maisons et les jardins.

Chaque décennie, les spécialistes ajoutent 40 000 nouvelles espèces de plantes au catalogue des végétaux[1], soit 11 nouvelles plantes chaque jour. Au point que le chiffre d’un million d’espèces distinctes de plantes est parfois avancé[2].

Toutefois, en considérant que plus de 400 000 de ces noms sont des synonymes, que près de 250 000 ne sont pas acceptés comme désignant des végétaux distincts, il n’en reste finalement que 350 699 qui font l’unanimité.

Parmi ces plantes à fleurs, ces conifères, ces mousses ou encore ces fougères, la France compte un total de 13 000 espèces de plantes indigènes (qui poussent naturellement) et naturalisées (qui ont été introduites volontairement ou involontairement)[3].

En ne prenant en compte que les 6 000 espèces indigènes, seule une vingtaine de plantes sont mortelles[4]. Nous allons vous présenter chacune d’entre elles, en excluant évidemment les champignons, qui ne sont ni des végétaux, ni des animaux, mais entrent dans la classification du règne fongique[5].

Nous allons donc parler des 20 plantes suivantes :

  • le gui ,
  • la belladone ,
  • la grande ciguë (conium maculatum) ,
  • l’OEnanthe safranée (Oenanthe crocata) ,
  • le Buisson-ardent (Cotoneaster pyracantha) ,
  • l’Arum tacheté, dite Gouet ou pied de veau (Arum maculatum) ,
  • le vératre blanc (Veratrum album) ,
  • le houx (Ilex aquifolium) ,
  • le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum) ,
  • l’If (Taxus Baccata) ,
  • le pommier d’amour (Solanum capsicastrum) ,
  • la colchique d’automne (Colchicum autumnale) ,
  • l’aconit (Aconitum napellus) ,
  • le solanum (Solanum tuberosum) ,
  • la stramoine (Datura stramonium) ,
  • le genêt d’Espagne (Spartium junceum) ,
  • le laurier-rose (Nerium oleander) ,
  • la jusquiame (Hyoscyamus niger) ,
  • le lierre grimpant (Hedera helix) ,
  • la digitale pourprée, dite doigts de sorcières (Digitalis purpurea) .

A lire : Accidents domestiques : 1 000 dangers pour les enfants

L’ingestion de 10 à 20 baies de gui suffit à entraîner la mort

Plante particulièrement courante dans l’ensemble de l’Europe, le gui pousse souvent sur le tronc des peupliers, des pommiers ou encore des tilleuls. Heureusement, sa floraison ne correspond pas à l’apparition des pommes, puisque les fruits du gui mûrissent entre décembre et février.

Gui sur un arbre.

Baies blanchâtres ou translucides, sphériques, et de la taille d’un petit pois, elles contiennent des viscotoxines et des lectines[6], qui peuvent entraîner la mort lorsqu’elles sont avalées.

Heureusement, sur la quarantaine d’appels annuels aux centres anti-poisons, qui concernent des enfants de moins de 15 ans, très rares, sont ceux qui développent des réactions[7].

Quels sont les symptômes d’une intoxication au gui ?

Les symptômes d’une intoxication aux baies de gui sont les suivants :

  • des diarrhées et vomissements,
  • des troubles cardiaques,
  • des troubles neurologiques.

Le nombre de baies ingérées est heureusement souvent insuffisant pour entraîner des conséquences graves. De manière générale, en dessous de cinq baies de gui avalées, les problèmes sérieux sont évités[8].

La Belladone, deux à cinq baies suffisent à tuer un enfant

La dangerosité de cette plante repose sur la présence de trois alcaloïdes, de sa racine jusqu’à ses feuilles, en passant évidemment par ses fruits[9] :

  • l’atropine,
  • l’hyoscyamine,
  • la scopolamine.

Elle ne laissera pas autant de chance à votre enfant que la baie du gui. La belladone, qui pousse dans les jardins, offre des baies noires et rondes, joliment encadrées par une collerette verte. Elle est particulièrement tentante pour un enfant qui la confond souvent avec une cerise.

Deux fruits de Belladone, l'un mûr à la couleur noire d'une cerise et l'autre vert.

Mûrissant de juin à septembre, les fruits de la belladone tuent un enfant à partir de deux baies, cinq tout au plus[10].

Si votre enfant à ingéré des baies de belladone, contactez les secours et un centre anti-poison au plus tôt. Cinq à six heures suffisent à tuer le malheureux ou la malheureuse, d’où ses noms d’herbe au diable, ou encore de cerise empoisonnée.

Quels sont les symptômes d’une intoxication à la Belladone ?

Les symptômes d’une ingestion de Belladone sont[11] :

  • rougeurs du visage,
  • une sécheresse des muqueuses,
  • une atteinte du muscle cardiaque,
  • des vertiges,
  • des céphalées,
  • des hallucinations,
  • une grande soif,
  • des faiblesses musculaires,
  • une dilatation des pupilles,
  • des délires,
  • une paralysie,
  • le coma.

En cas de trop grande intoxication à la belladone, la mort survient dans un délai de 5 à 6 heures.

La grande ciguë

Plante commune dans toute l’Europe, la grande ciguë est extrêmement toxique. Au point qu’elle est connue pour avoir été utilisée par les Athéniens, dans le cadre de leurs condamnations à mort. Socrate en fut le plus célèbre condamné[12].

Grande ciguë en fleur.

La grande ciguë pousse dans les zones en friche, au bord des chemins, ou encore sur les talus humides. Tout comme la belladone, elle contient un alcaloïde appelé pipéridine[13], dont les effets sont particulièrement graves pour celui qui l’a consommée.

Quels sont les symptômes d’une intoxication à la grande ciguë ?

La consommation de grande ciguë engendre les symptômes suivants[14] :

  • la salivation,
  • des irritations de la gorge,
  • des difficultés à parler,
  • la tachycardie,
  • la dilatation des pupilles,
  • la paralysie musculaire,
  • la déficience rénale.

Aucun traitement n’existe contre l’empoisonnement à la grande ciguë. Seul le traitement symptomatique permet de sauver le malade. La grande ciguë est souvent confondue avec des légumes, notamment la carotte sauvage et le cerfeuil[15]. L’ingestion est donc souvent conséquente.

L’OEnanthe safranée (OEnanthe crocata), fléau des enfants

Autre plante entraînant souvent une méprise avec des légumes (céleri, cresson, persil, radis), l’oenanthe safranée est particulièrement toxique. Composée d’Oenanthotoxine[16], elle porte, en Amérique du Nord, le terrible nom de fléau des enfants.

Plante entièrement toxique, l’ingestion de seulement deux à trois centimètres de ses racines peut entraîner la mort d’un adulte. C’est ce qui s’est passé pour deux retraités nantais qui, pensant cueillir du persil tubéreux dans leur jardin, ont en fait cueilli de l’OEnanthe safranée[17].

Racine d'œnanthe safranée semblable à des carottes.

L’homme décédera à la suite de convulsions semblables à celle de l’épilepsie, suivies de deux arrêts cardiaques. Son cœur sera descendu jusqu’à ne battre que 10 battements par minute. Il décèdera à l’hôpital, tandis que sa femme, en ayant consommé moins du fait de la forte amertume de la racine, a survécu.

Quels sont les symptômes d’une intoxication à l’oenanthe safranée ?

Le fait divers connu par ce couple a donné une première image des symptômes liés à l’intoxication à l’oenanthe safranée, mais ils ne sont pas les seuls. S’ajoutent également :

  • des diarrhées pouvant être sanglantes,
  • des brûlures de la gorges,
  • une hypersalivation,
  • une dilatation des pupilles,
  • une constriction des mâchoires (trismus),
  • une confusion et des délires,
  • un coma,
  • des troubles cardio-respiratoires.

La mort peut se produire très rapidement en fonction de la dose ingérée.

Le Buisson-ardent (Cotoneaster pyracantha), un arbuste faiblement toxique

Ce type de cotonéaster est particulièrement apprécié des jardiniers pour ses qualités ornementales. Ses baies rouges, d’environ un centimètres de diamètre, sortent en septembre, pour durer jusqu’au printemps. C’est la raison pour laquelle il plaît aux jardiniers.

Le problème repose dans le fait que ses fruits sont toxiques. Souvent confondu avec des espèces moins dangereuses[18], le cotoneaster pyracantha porte des épines, et ses feuilles sont dentelées.

Fruits rouges d'un buisson ardent.

En cas d’ingestion de baies par un enfant, il suffit souvent de l’inviter à boire de l’eau[19], surtout lorsqu’il a ingéré moins de dix baies et qu’il ne présente pas de symptômes digestifs. Aucune intoxication ayant emporté des conséquences graves n’est connue.

Quels sont les symptômes de l’ingestion de baies de buisson ardent ?

Peu étudiées, car peu toxiques, les baies de buisson ardent entraînent les symptômes bénins suivants :

  • des vomissements,
  • des douleurs abdominales,
  • une hyperthermie.

Lors d’un contact avec les yeux, elle peut également entraîner une conjonctivite.

L’Arum tacheté (Arum maculatum) sauve l’imprudent par son goût

L’arum tacheté possède des baies rouges orangées particulièrement toxiques. La plante, haute de 20 à 50 centimètres, se rencontre principalement dans les bois. Ses feuilles sont reconnaissables à leur forme, dite en pied de veau, ou en fer de lance, et leurs taches brunes.

Fleur d'arum tacheté.

Les fruits, présents de mai à octobre, sont composés d’oxalates de saponines[20], une substance entraînant de nombreux troubles.

Quels sont les symptômes d’une intoxication aux fruits de l’arum tacheté ?

Les symptômes liés à l’ingestion des fruits de l’arum tacheté sont les suivants :

  • des irritations de la peau,
  • un gonflement de la bouche et de la gorge,
  • des vomissements,
  • des diarrhées,
  • des douleurs dans le haut de l’abdomen.

Le goût du fruit, particulièrement âcre, fait que sa consommation reste généralement faible.

Le vératre blanc (Veratrum album), la fausse gentiane des alpages

Le vératre blanc est une plante de montagne extrêmement dangereuse. Quelques grammes de ses racines suffisent à tuer un adulte. L’ennui, c’est qu’il est souvent confondu avec la gentiane jaune (Gentiana lutea), une plante médicinale utilisée pour concocter des liqueurs[21].

jardinier retirant du vérâtre blanc avec une bêche.

Le vératre blanc contient des alcaloïdes stéroidiques qui en font sa toxicité[22]. Toute la plante est toxique, mais ce sont généralement ses fleurs jaunes qui sont consommées.

Quels sont les symptômes d’une intoxication à la fleur de vératre blanc ?

La consommation des fleurs de vératre blanc entraîne, dans l’heure[23] :

  • des diarrhées,
  • des nausées et vomissements,
  • des mots de tête,
  • une bradycardie (battements sous 50 pulsations minute),
  • des irritations de la bouche,
  • des diarrhées,
  • des douleurs abdominales,
  • des vertiges,
  • des troubles de la vision,
  • des convulsions,
  • des délires et des agitations,
  • des troubles cardiaques,
  • des difficultés respiratoires.

Des campagnes de fauchage du vératre blanc sont régulièrement organisées dans les alpages[24]. Sa toxicité pour les Hommes l’est également pour le bétail.

Le houx (Ilex aquifolium), l’intoxication de Noël

Plante de Noël, le houx est souvent utilisé pour décorer son intérieur, quand ce n’est pas même ses pâtisseries. Pourtant, ses baies sont toxiques, et leur ingestion impose d’appeler au plus tôt, un Centre antipoison.

Houx décorant un gâteau.

C’est la raison pour laquelle les Centres antipoison sont contactés entre 60 et 80 fois par an du fait de l’ingestion des boules rouges du houx par des enfants[25]. L’ingestion de plusieurs baies peut aller jusqu’à entraîner des convulsions. Heureusement, elles ne sont pas mortelles.

Quels sont les symptômes consécutifs à une ingestion de baies de houx ?

La gravité des symptômes dépend grandement du nombre de baies ingurgitées. Lorsque la quantité est faible on constate les symptômes suivants[26] :

  • nausées,
  • douleurs abdominales.

Lorsque l’enfant ou l’adulte a consommé plus de 20 baies, apparaissent les symptômes suivants :

  • vomissements,
  • diarrhées,
  • convulsions,
  • somnolence,
  • coma.

Dans ces derniers cas, une hospitalisation sera toujours réalisée. Autrement, une surveillance à la maison peut être mise en place par le corps médical.

Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum), arbre des parcs

Le marronnier d’Inde n’est autre que le marronnier présent dans les villes. Celui avec ces capsules vert pâle hérissées de piquants, et contenant un à trois fruits bruns surmontés de blanc.

Celui que les enfants aiment bien décortiquer pour faire les fameuses batailles de marrons. Tant que cela en reste là, il n’est pas dangereux, mais ingéré, l’histoire est différente.

Marrons dont l'un présente encore sa coque munie de piquants.

Quels sont les symptômes suivant la consommation de marrons du marronnier d’Inde ?

Parfois confondu avec le châtaignier du Japon (Castanea creanata), la consommation de ces marrons entraîne[27] :

  • des douleurs de l’estomac,
  • des nausées,
  • des sueurs,
  • une fibrillation atriale.

Les saponines contenues dans les fruits sont responsables de ces intoxications qui, heureusement, sont la plupart du temps peu sévères.

L’arille de l’If (Taxus Baccata) attire les enfants

L’If est un arbre ornemental très souvent planté pour délimiter une propriété. Toxique de ses racines à ses épines, il a la particularité de produire des baies rouges, sucrées et comestibles, appelées arilles, qui entourent une graine brune également toxique.

Baies rouges comestibles d'Ifs avec graines toxiques à l'intérieur.

Il n’est donc pas rare qu’un enfant ou un adulte, ingère des graines en voulant manger ces baies qui peuvent être consommées. Toutefois, la graine étant souvent très dure, elle n’est pas mâchée, et donc pas digérée[28]. Son ingestion est alors sans conséquences.

Les symptômes de l’ingestion de graines d’If

Les symptômes sont causés par la présence de taxine dans les graines[29]. Ce mélange d’alcaloïdes, notamment la taxine B, entraîne un blocage de la transmission du sodium et du calcium dans le corps, menant à :

  • une arythmie, tachycardie et bradycardie,
  • des vertiges,
  • des nausées et vomissements,
  • des maux de ventre,
  • une paralysie,
  • un arrêt cardiaque.

Une intoxication sévère peut mener à une hépatonéphrite, c’est-à-dire une inflammation grave des reins et du foie.

Le pommier d’amour (Solanum capsicastrum ou pseudocapsicum), une plante d’intérieur dangereuse

Pour les enfants, les dangers à l’intérieur de la maison ne se limitent pas aux prises électriques et aux manches de casseroles qui dépassent de la plaque de cuisson. La plante ornementale du salon est également un motif de craintes.

Arbuste de 50 centimètres à 1 mètre 20 de hauteur, le pommier d’amour, également appelé cerisier de Jérusalem, produit des baies rouges de la taille d’une cerise, et ressemblant à de petites pommes ou à des tomates.

Fruits du pommier d'amour ressemblant fortement à des cerises.

Chaque fruit contient 25 composants différents, dont 38.55% sont les fameux alcaloïdes[30]. Parmi eux la solanocapsine engendre l’intoxication chez l’Homme[31]. Au-delà de cinq baies ingérées, les enfants sont sujets aux premiers troubles.

A lire : Les dangers de la cuisine pour les enfants

Quels symptômes en cas d’ingestion des fruits du pommier d’amour ?

Les symptômes engendrés par l’ingestion des fruits du pommier d’amour sont les suivants[32] :

  • douleurs abdominales,
  • nausées et vomissements,
  • diarrhée,
  • dilatation de la pupille,
  • ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie).

Une issue fatale n’est envisagée qu’en cas de consommation importante de ses fruits.

La colchique d’automne (Colchicum autumnale), une mort lente et douloureuse

Il s’agit d’une plante des prés. L’aire de répartition de la colchique d’automne est nationale, avec une forte prédominance sur la façade Est de la France[33]. Elle ressemble fortement au crocus, dont elle diffère par son nombre d’étamines (6 au lieu de 3).

Fleurs de colchique d'automne.

Les intoxications aux graines de colique d’automne sont extrêmement rares[34]. La plupart des cas d’empoisonnement à la colchique d’automne le sont via la consommation de médicaments contenant de la colchicine, dans un but suicidaire.

Il est donc peu commun qu’un enfant consomme des graines de colchique d’automne, sauf s’il a accès à une boîte de médicaments en contenant. Vérifiez toutefois vos médicaments si vous êtes traités contre :

  • la goutte,
  • la maladie de Behçet,
  • la maladie périodique,
  • la péricardite.

En France, la colchicine se retrouve dans les médicaments Colchicine Opocalcium et Colchimax[35]. Hélas, ils le sont en quantité suffisante pour entraîner la mort.

En effet, la Colchicine est létale à faible dose[36]. 0.5mg à 0.8mg/kg suffisent à faire apparaître un risque de décès de 10%. Au-delà de 0.8mg/kg, la létalité est de 80% à 100%. Les souffrances sont également particulièrement longues.

Quels sont les symptômes de l’empoisonnement à la Colchicine ?

Les symptômes suivent trois phases[37]. Un patient en première phase connaît les manifestations suivantes, durant 4 à 12 heures :

  • Augmentation des globules blancs,
  • Troubles gastro-intestinaux,
  • Diminution du rythme cardiaque par choc hypovolémique.

La deuxième phase se met ensuite en place, durant 24 à 72 heures, avec les conséquences suivantes :

  • Insuffisance cardiaque,
  • Arythmies,
  • Insuffisance rénale,
  • Lésions hépatiques[38],
  • Détresse respiratoire,
  • Trouble de la coagulation,
  • Blocage des fonctions de la moelle osseuse,
  • Atteintes neuromusculaires.

Une fois cette phase achevée, arrive la dernière phase, qui dure entre 5 et 7 jours. Elle amène avec elle les symptômes suivants :

  • importante augmentation du nombre de globules blancs,
  • perte des poils et des cheveux (alopécie).

La dernière phase se solde généralement par un décès, aucun antidote n’étant encore disponible pour rétablir l’activité de la protéine dénommée tubuline.

L’aconit (Aconitum napellus), la plante de la médecine chinoise

Belle plante à fleurs bleues tombant en grappe, l’aconit mesure 60 centimètres de hauteur et pousse dans les régions montagneuses. Entièrement toxique, la consommation d’un simple fragment de sa racine suffit à entraîner la mort.

Fleurs bleues d'aconit.

L’alcaloïde qu’elle contient, l’aconitine, est utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise en tant qu’analgésique et anti-inflammatoire[39]. Toutefois, en trop forte quantité, il entraîne souvent la mort.

Le nombre d’intoxications à l’aconit, recensées annuellement dans le monde est de 5000, dont environ 76 se produisent en France[40].

Quels sont les symptômes d’un empoisonnement à l’aconit ?

La consommation de l’aconit, souvent sa racine via des préparations traditionnelles, peut engendrer les symptômes suivants[41] :

  • insuffisance cardiaque,
  • engourdissement de la bouche,
  • engourdissement de la langue,
  • troubles gastro-intestinaux,
  • faiblesse musculaire,
  • problèmes de coordination,
  • vertiges.

Heureusement, l’issue de l’intoxication à l’aconit est bien plus rarement mortelle que pour d’autres plantes.

Le solanum (Solanum tuberosum), n’est autre que la pomme de terre

Et oui, notre pomme de terre est toxique. Les baies vertes que produit le solanum (nom scientifique du pied de pomme de terre) sont particulièrement dangereuses, car elles contiennent d’importantes quantité de solanine et de la chaconine, qui sont des glycoalcaloïdes[42].

Pieds de pommes de terre plantés en alignement.

En effet, les feuilles de patates contiennent entre 0.64 à 22.6 mg/100g de solanine et 0.06 à 55.7 mg/100g de chaconine, quand les tubercules, à l’abri de la lumière, n’en contiennent respectivement que 0.05 à 0.65 mg/100g et 0.03 à 0.63 mg/100g[43].

Les cas d’intoxication sont heureusement rares, et sont souvent dûes, soit à une présence trop importante de solanine dans les patates commercialisées, soit à l’ingestion de parties de la plante par des enfants.

Quels sont les symptômes d’une intoxication par les patates ?

L’ingestion de partie de la plante, ou de patates vertes, qui souvent ont été exposées au soleil durant leur maturation, entraîne les symptômes suivants[44] :

  • brûlure dans la bouche au moment de la dégustation,
  • nausées et vomissements,
  • douleurs abdominales,
  • diarrhées,
  • étourdissements,
  • crampes intestinales.

Les symptômes n’apparaissent pas immédiatement, mais entre deux heures et vingt heures après la consommation des parties toxiques. Pour éviter les intoxications, mieux vaut conserver ses patates dans un endroit sec et sombre, et ne pas les consommer lorsqu’elles ont germé ou pourri.

La stramoine (Datura stramonium), un fruit similaire à celui du marronnier

On la trouve souvent dans les décombres, où elle pousse sur une hauteur de 30 à 60 centimètres, avant de produire de belles fleurs blanches qui prennent la forme d’entonnoir. En floraison durant les trois mois d’été, elle produit des fruits particulièrement toxiques, comme l’ensemble de la plante.

Fruit de la stramoine, très similaire à celui du marronnier.

Leur caractéristique : ressembler aux marrons du marronnier, et contenir de l’atropine, de l’hyoscyamine et du scopolamine[45]. La toxicité du fruit est telle que sa consommation emporte des conséquences sur le foie, les reins, le coeur et le cerveau[46].

Quels symptômes après une intoxication au fruit de la stramoine ?

Les symptômes suivant l’ingestion des fruits de la stramoine sont typiques de ceux liés à une intoxication à l’atropine. Ils comprennent[47] :

  • une sécheresse de la peau,
  • une sécheresse des muqueuses,
  • des rougeurs de la peau,
  • une dilatation des pupilles,
  • une tachycardie,
  • des sursauts,
  • une baisse de l’activité intestinale,
  • l’impossibilité d’uriner,
  • des troubles neurologiques,
  • des pertes de mémoire à court terme,
  • une désorientation,
  • de la confusion,
  • des hallucinations visuelles et auditives,
  • une psychose,
  • des délires,
  • de l’agitation,
  • un coma.

Les premiers symptômes débutent généralement une heure après la consommation du fruit ou de parties de la plante. Ils durent le temps de la digestion, soit 24 à 48 heures. Les enfants peuvent être sujets à de sévères troubles du système nerveux. Des conséquences rénales apparaissent dans 10 à 50% des cas.

Bien que la consommation de cette plante soit létale, les chances de survie sont bonnes si la prise en charge médicale est réalisée suffisamment tôt. Toutefois, les conséquences de sa consommation s’inscrivent souvent dans la durée.

Le genêt d’Espagne (Spartium junceum), une plante ornementale

Plante du Sud de la France, aux fleurs jaunes, il s’étend en buisson et peut atteindre une hauteur de 3 mètres. Sa floraison, de mai à août, offre des fleurs jaunes au parfum puissant. Il est souvent confondu avec le genêt à balai (Cytisus scoparius).

Genêt d'Espagne couvert de ses fleurs jaunes.

La présence de plusieurs alcaloïdes quinolizidiniques, dont la cystine, font sa toxicité[48]. Trop souvent, ces plantes se trouvent dans des parcs où jouent les enfants, à cause de ses qualités ornementales. Pourtant, l’ingestion de ses graines peut entraîner la mort.

Quels sont les symptômes d’une intoxication au genêt d’Espagne ?

L’ingestion de graines du genêt d’Espagne ne connaît pas d’anti poison. Seuls des soins symptomatiques seront dispensés pour traiter les symptômes suivants[49] :

  • Sensation de brûlure dans la bouche,
  • nausées et vomissements conséquents,
  • troubles du rythme cardiaque,
  • atteinte du système nerveux central avec convulsions,
  • chute de tension soudaine.

Le laurier-rose (Nerium oleander), la plante de la mort aux rats

Autre plante ornementale très appréciée des jardiniers, notamment pour ses fleurs rose vif, le laurier rose a la particularité d’être entièrement toxique. Ce qui fait surtout son originalité, est que le miel réalisé par les abeilles à partir de ses fleurs, est également toxique.

On dit souvent que la consommation d’une seule de ses feuilles peut tuer un homme adulte. La raison tient dans les nombreuses toxines, appelées hétérosides, que contient l’ensemble du laurier-rose, au premier rang desquels l’oléandrine.

Fleurs roses de laurier-rose.

Ces alcaloïdes sont si dangereux qu’ils sont utilisés dans les ingrédients de la mort aux rats. Lorsque les plantes sont infusées ou macérées dans de l’eau, elles peuvent entraîner un empoisonnement par la consommation de cette eau, ou de graves brûlures chimiques en cas d’immersion de parties du corps[50].

brûlure chimique de laurier-rose avec nécrose des doigts de pieds menant à une amputation.

Cette dernière pratique est rarement accidentelle. De nombreuses personnes utilisent localement les feuilles de laurier-rose pour lutter contre la gale, les furoncles, et même les hémorroïdes.

Les cas les plus récurrents d’intoxication ne concernent pas les adultes mais les enfants. Notamment les petits bambins d’un 1 à 3 ans, qui consomment parfois ses feuilles ou ses fleurs.

Quelles sont les symptômes d’une intoxication au laurier rose ?

Proche de la digitale, les alcaloïdes du laurier rose peuvent entraîner les symptômes suivants[51] :

  • vomissements en jet,
  • douleurs au ventre,
  • mal de tête,
  • sentiment de malaise,
  • troubles du rythme cardiaque,
  • état de choc.

Toutefois, les cas d’intoxications mortelles restent rares. L’amertume de la plante fait que les enfants n’en consomment que très peu, limitant ainsi les conséquences sur leur santé.

La jusquiame (Hyoscyamus niger), plante de la médecine traditionnelle

Souvent présente dans les décombres et les friches, car aimant les sols azotés, la jusquiame est une plante aux fleurs jaunes jaspées de violet. Très répandue en France, et extrêmement dangereuse, elle est souvent arrachée lorsqu’elle est proche des habitations.

Fleur de la jusquiame

Sa taille, de 30 à 60 centimètres, et sa floraison de mai à septembre, la rendent particulièrement reconnaissable. Utilisée par la médecine traditionnelle, ses nombreux alcaloïdes, que sont l’hyoscyamine, l’atropine, la tropane et la scopolamine, en font un redoutable poison[52].

Quels sont les symptômes d’une intoxication à la jusquiame

Les symptômes qui suivent l’ingestion de jusquiame sont nombreux et similaires à ceux de la belladone[53] [54] :

  • dilatation de la pupille,
  • bouche sèche,
  • convulsions,
  • agitations,
  • troubles du rythme cardiaque,
  • soif,
  • difficulté d’élocution,
  • difficulté à déglutir,
  • rougeurs,
  • nausées et vomissements,
  • fièvre,
  • maux de tête,
  • troubles de la vision,
  • difficulté à uriner,
  • distension de la vessie,
  • somnolence,
  • hallucinations,
  • confusion,
  • désorientation,
  • troubles du comportement (délire et agressivité).

Aucun contre poison n’existe pour lutter contre les toxines de la jusquiame. Seule la vidange gastrique et l’administration de benzodiazépines sont utilisés.

Le lierre grimpant (Hedera helix),

Présent un peu partout en France, le lierre grimpant s’attache souvent aux vieux murs, ou rampe sur le sol à la recherche d’une paroi verticale. Tout comme l’arum tacheté et le marronnier d’Inde, les fruits du lierre grimpant contiennent de la saponine.

Fruits du lierre grimpant.

Quelles sont les symptômes d’une intoxication aux fruits du lierre grimpant ?

La toxine du lierre grimpant étant la saponine, ses symptômes sont sensiblement les mêmes que ceux du marronnier d’Inde et de l’arum tacheté[55]. On compte ainsi :

  • une salivation abondante,
  • des nausées et des vomissements,
  • des diarrhées,
  • des douleurs abdominales,
  • des maux de tête,
  • de la fièvre,
  • une grande soif,
  • des éruptions cutanées,
  • une faiblesse musculaire,
  • des troubles de la coordination des mouvements.

On considère que l’ingestion de seulement quatre baies du lierre grimpant, ou de deux feuilles, constitue une intoxication importante.

La digitale pourprée, dite doigts de sorcières (Digitalis purpurea).

La digitale pourprée est une très belle plante, portant des fleurs tombantes d’un même côté de la tige, en forme de doigts. Ce sont les fameux doigts de sorcières, aux couleurs pourpres sur l’extérieur et tachetées sur l’intérieur.

De 50 centimètres à 1 mètre 50, la digitale pourprée se trouve souvent en lisière de forêt, en bordure de chemin ou sur des talus. Extrêmement vénéneuse, la toxine qu’elle contient n’est autre que la digitaline.

Fleurs violettes en doigts de sorcières de la digitale pourprée.

Les cas d’intoxication restent assez rares, bien qu’elle puisse être facilement confondue avec la bourrache (Borago officinalis L.), qui est comestible. Le cas d’une femme italienne, qui avait acheté de la bourrache dans une pépinière, et à laquelle on avait vendu de la digitale pourprée, est un terrible exemple de ce genre d’erreurs[56].

Quels sont les symptômes d’une intoxication à la digitale pourprée ?

Dans les trois heures qui suivent la consommation de digitale pourprée, les premiers symptômes apparaissent, jusqu’à développer le tableau clinique suivant[57] :

  • problèmes gastro-intestinaux,
  • vertiges,
  • céphalées,
  • fatigue,
  • trouble de la vision,
  • confusion et convulsions,
  • ralentissement et irrégularité du pouls,
  • arrêt cardiaque (éventuel).

Les symptômes s’étendent sur plusieurs jours. La personne intoxiquée peut également être asymptomatique, et ne présenter que des troubles du rythme cardiaque.

A lire : Les dangers dans la chambre des enfants

Conclusion

Parmi l’ensemble des plantes répertoriées en France, peu sont toxiques comme ces vingt espèces dont nous venons de parler. Toutefois, celles-ci sont particulièrement répandues dans la métropole, qu’elles poussent à l’état sauvage ou qu’elles soient cultivées dans les jardins ou les habitations pour leurs qualités ornementales.

Pour éviter d’exposer de jeunes enfants à des risques inutiles, il est important de les connaître, et de bien les identifier. Il est d’autant plus important de connaître les plantes avec lesquelles ces dernières se confondent, pour ne pas effectuer une préparation potentiellement létale. On repense à ce couple de retraités nantais, ou à cette italienne, pour laquelle l’erreur venait de professionnels.

Références

[1]
A. Cailleux, 1953, Progression du nombre d’espèces de plantes décrites de 1 500 à nos jours, Revue d’histoire des sciences, Revue d’histoire des sciences, 1953, 6-1, pages 42-49.

[2]
A working list of all plant species, The Plant List.

[3]
La biodiversité – Quelle biodiversité en France ?, Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

[4]
Plantes sauvages comestibles : la santé dans l’assiette, La santé dans l’assiette.

[5]
Mahé S., 2012, Diversité des branches évolutives basales du règne des champignons dans les écosystèmes hydrothermaux marins profonds, Université de Rennes.

[6]
R. Thomas, D. Busti, 2011,Le gui, une plante parasite dispersée par les oiseaux, Université de Lyon, département de biologie

[7]
2020, Plantes décoratives – leur ingestion peut être toxique pour les Hommes comme pour les animaux, ANSES.

[8]
Gui (Viscum Album), Centre Anti Poisons, Belgique.

[9]
M.A. Berdai, S. Labib, K. Chetouani et autre, 2012, Atropa Bellaonna intoxication : a case report, The Pan African Medical Journal, 17 avril 2012.

[10]
Belladone, Centre anti-poison du CHU de Lille.

[11]
Ibid., Centre anti-poison du CHU de Lille.

[12]
P. Birchler Emery, 2015, La condamnation à mort de Socrate : la ciguë, vraiment ?, Université de Genève, cour public du 27 novembre 2012.

[13]
P. Birchler Emery, 2015, Ibid.

[14]
Pr V. Danel, 2017, Conium maculatum L., Société française de médecine d’urgence (SFMU).

[15]
La ciguë, plante toxique et dangereux poison, Les dossiers de Binette & Jardin, Le Monde.

[16]
P. S. Auerbach, 2017, Toxic Plant Ingestions, Auerbach’s Wildernes Medicine.

[17]
M. Gozlan, Mort après avoir consomé une plante toxique de son jardin, Le Monde, 11 juin 2020.

[18]
Cotoneaster, Centre anti-poisons du CHU de Lille.

[19]
Buisson ardent (Pyracantha Coccinea), Centre anti-poisons, Belgique.

[20]
K.N.J. Prakash Raju, K. Goel, D. Anandhi, et autres, 2018, Wild tuber poisoning : Arum maculatum – A rare case report, International Journal of Critical Illness & Injury Science, avril-juin 2018, 8(2), 111-114, doi : 10.4103/IJCIIS.IJCIIS_9_18.

[21]
M. Cataldi, 2016, Veratridine, Reference Module in Biomedical Sciences.

[22]
M. Anwar, M. Turner, N. Farrell, et autres, 2018, Hikers Poisoned: Veratrum steroidal alkaloid toxicity following ingestion of foraged Veratrum Parviflorum, Clinical Toxicology (Philadelphi, Pa.), 1 septembre 2018, 56(9): 841-845.

[23]
Veratrum album L., Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU).

[24]
M. Rottier, Plante toxique et invasive : contre le vératre blanc, au Semnoz c’est binettes et huile de coude !, Le Dauphiné, 14 juin 2022.

[25]
Plantes décoratives – leur ingestion peut être toxique pour les Hommes comme pour les animaux, Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), 15 décembre 2020.

[26]
Ilex aquifolium, Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU).

[27]
H.Y. Yi, J.Y. Lee, 2021, Poisoning due to consumption of horse chestnut seed, Clinica and experimental emergency medicine, décembre 2021, 8(4), pages 333-335, doi: 10.15441/ceem.20.004.

[28]
If, Centre anti-poisons CHU de Lille.

[29]
A. Pinto, T. Lemos, I. Silveira, Taxus Baccata intoxication: the sun after the electrical storm, Revista Brasileira de Terapia Intensiva (RBTI), Janvier-Mars 2021, 33(1), pages 172-175, doi: 10.5935/0103-507X.20210019.

[30]
A.A. Aliero, A.J. Afolayan, D.S. Grierson, 2005, Chemical and nutrient characterization of Solanum pseudocapsicum berries, African Journal of Biotechnology, décembre 2005, 4(11): 1300-1303, doi:10.4314/ajb.v4i11.71376.

[31]
F. Wartel, Les végétaux toxiques à l’officine, Université de Clermont Auvergne, 12 avril 2019.

[32]
Dr M. Mostin, Dr R. Demarque, P. Selway et autre, Brochure, Centre anti-poisons, Belgique.

[33]
Colchicaceae, Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

[34]
M. Brvar, G. Kozelj, M. Mozina, 2004, Case report: fatal poisoning with Colchicum autumnale, Critical Care, 2004; 8(1): R56-R59, doi: 10.1186/cc2427.

[35]
Dans quels cas est indiquée la colchicine ?, Réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (RFCRPV) CRPV de Lyon et Limoges.

[36]
M. Dorval, O. Jacques-Gagnon, 2015, Vers l’émergence d’intoxications aiguës par la colchicine ?, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Volume 31, numéro 4.

[37]
M. Brvar, T. Ploj, G. Kozelj, et autres, Case report: fatal poisoning with Colchicum autumnale, Critical Care, 2004; 8(1)/ R56-R59, doi: 10.1186/cc2427.

[38]
Yuan Van P., 2021, Lésion hépatique, Le Manuel MSD.

[39]
X. Gao, J. Hu, X. Zhang, 2020, Research progress of aconitine toxicity and forensic analysis of aconitine poisoning, Forensic Sciences Research, 2020; 5(1): 25-31, doi: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7241456/.

[40]
F. Grossenbacher, C. Cornelis, C. Richeval, 2017, L’Aconit, la “reine des poisons” : suicide-mode d’emploi des plantes sur Internet, Toxicologie Analytique et Clinique, mai 2017, Volume 29, Numéro 2, Supplément, pages S56-S57.

[41]
J.K. Aronson, 2016, Ranunculaceae, Meyler’s Side Effects of Drugs.

[42]
D.G. Barceloux, Potatoes, Tomatoes, and Solanine Toxicity (Solanum tuberosum L., Solanum lycopersicum L.), Medical Toxicology of Natural Sustances : Foods, Fungi, Medicinal Herbs, Toxic Plants, and Venomous Animals, John Wiley & Sons Editions, 2008, Hoboken, pages 77-83.

[43]
B.J. Pillips, J.A. Hughes, J.C. Phillips, et autres, 1996, A study of the toxic hazard that might be associated with the consumption of green potato tops, Food and chemical toxicology, mai 1196, 34(5):439-48, doi: 10.1016/0278-6915(96)87354-6.

[44]
Les pommes de terre vertes et les tomates vertes non mûres, Centre anti-poisons Belgique.

[45]
S.D. Tranca, R. Szabo, M. Cocis, 2017, Acute poisoning due to ingestion of Datura stramonium – a case report, Romanian Journal of Anaesthesia and Intensive Care, avril 2017, 24(1): 65-68, doi: 10.21454/rjaic.7518.241.szb.

[46]
T. Ogunmoyole, R.I. Adeyeye, B. Oluwatosin Olatilu et autres, 2019, Multiple organ toxicity of datura stramonium seed extracts, Toxicology Reports, Volume 6, pages 983-989.

[47]
S.D. Tranca, R. Szabo, M. Cocis, 2017, Ibid.

[48]
N. Gimenez, N. Magro, N. Cortés, R. Guitart, 2017, Poisoning after Ingestion of Spartium junceum Seeds: Dose-Dependent Effects in Three Boys, The Journal of Emergency Medicine, septembre 2017, 53(3):e41-e44, doi: 10.1016/j.jemermed.2017.04.033.

[49]
Spartium junceum L., Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU).

[50]
H. Bakkali, M. Ababou, T. Nassim Sabah, 2010, Les brûlures chimiques par le Laurier rose, Annals of Burns and Fire Disasters, 30 septembre 2010; 23(3): 128-130.

[51]
Laurier rose (nerium oleander), Centre anti-poisons, Belgique.

[52]
A. Alizadeh, M. Moshiri, J. Alizadeh, et autres, 2014, Black henbane and its toxicity – a descriptive review, Avicenna Journal of Phytomedicine, septembre-octobre 2014, 4(5): 297-311.

[53]
Jusquiame, Centre anti-poison CHU de Lille

[54]
A. Alizadeh, M. Moshiri, J. Alizadeh, et autres, 2014, Ibid.

[55]
Assessment report on Hedera helix L., folium, European Medicines Agency, 24 novembre 2015.

[56]
M.S. Negroni, A. Marengo, D. Caruso, et autres, 2019, A case report of accidental intoxication following ingestion of foxglove confused with borage: high digoxinemia without major complications, Case report in cardiology, 29 novembre 2019, doi: 10.1155/2019/9707428.

[57]
Digitale pourpre, gant Notre-Dame (digitalis pupurea), Centre anti-poisons, Belgique.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *