Femme enceinte victime de pré-éclampsie.

La pré-éclampsie touche 3 à 5% des femmes enceintes[1]. Caractérisée par une hypertension artérielle et par des protéines dans les urines, elle peut mener à la mort du bébé et de la mère lorsqu’elle n’est pas prise en charge[2].

Elle est d’ailleurs la 2ème cause de décès en France.

Pourquoi la pré-éclampsie ? 

Les professionnels de santé n’en connaissent toujours pas la cause, mais une malformation du placenta pourrait en être à l’origine. La seule chose qui soit sûre, ce sont les chiffres, qui permettent de dire que la pré-éclampsie se manifeste dans les cas suivants[3] :

  • Première grossesse dans 70% à 75% des cas, 
  • Jumeaux ou triplés, 
  • Hypertension, 
  • Obésité, 
  • Maladies rénales, 
  • Diabète, 
  • Ovaires polykystiques,
  • Age (moins de 18 ans ou plus de 40 ans), 
  • Génétique (contribution à 50%), 
  • Faible exposition au sperme (usage régulier d’un préservatif),
  • Partenaire sexuel récent.

Comment identifier la pré-éclampsie ? 

Elle est diagnostiquée lors du suivi de la grossesse, grâce à deux marqueurs biologiques : 

  • PGF (Placenta Growth Factor), 
  • SFLT1 (Soluble fms-like tyrosine kinase 1).

SFLT1 est un antagoniste du PGF. Sa forte concentration dans le sang a pour conséquence de créer un dysfonctionnement endothélial[4]. C’est-à-dire qu’il perturbe un organe appelé endothélium, et qui tapisse nos vaisseaux sanguins.

Il s’agit de cellules qui permettent un échange entre le flux sanguin et les organes, tant pour les nourrir que pour capter leurs déchets et permettre leur élimination[5].

C’est le calcul du rapport entre le PGF et le SFLT1 qui permet de diagnostiquer une pré-éclampsie. Pour être plus précis, disons que lorsque le risque est inférieur à un score de 38, il est certain qu’aucune pré-éclampsie n’est à craindre. 

A l’inverse, lorsqu’il est supérieur à 38, certes le risque existe, mais il est impossible d’affirmer qu’une pré-éclampsie va se réaliser. Ce score, hormis lorsqu’il est négatif, est donc très peu prédictif. 

La prise en charge de la pré-éclampsie

Bien que le rapport PGF-SFLT1 soit imprécis lorsqu’il est positif, il sert néanmoins de base à une prise en charge efficace de la parturiente. 

Une qualité de soin qui, dans les pays les mieux dotés, évite des réalités comme celles de la Guinée d’aujourd’hui, avec, dans une maternité de Conakry[6] :

  • 8.2% d’enfants morts-nés,
  • 14.1% d’insuffisance de poids, 
  • 9.3% de naissances prématurées,
  • 6.8% d’asphyxie néonatale, 
  • 24.5% de score d’Apgar inférieur à 7.

Ces chiffres sont toujours meilleurs que ceux de la France du XIXème siècle, dans laquelle 1 femme sur 10 mourrait en couche. C’est-à-dire le chiffre effarant de 10 000 femmes sur 100 000.

Pour prévenir les risques de décès liés à une pré-éclampsie, les médecins délivrent[7] :

  • Du sulfate de magnésium, 
  • Du Ringer lactate, 
  • Du sérum physiologique. 

Lorsque la pré-éclampsie perdure, ou que l’éclampsie s’est manifestée et que ces 2 affections n’ont pas pu être traitées, l’accouchement fait disparaître les risques après 6 à 12 heures. 

Toutefois, un suivi est organisé durant 2 à 4 fois par mois après l’accouchement. 

Quels symptômes en cas de pré-éclampsie sévère ? 

  • Mal de tête sévère, 
  • Confusion
  • Troubles de la vision, 
  • Hyperactivité des réflexes, 
  • Douleur au niveau du foie, 
  • Difficulté à respirer, 
  • Nausées, 
  • Vomissements, 
  • AVC, 
  • Peu de mictions, 
  • Hypertension prononcée. 

Lorsque des convulsions surviennent, le stade de la pré-éclampsie est dépassé. L’éclampsie se manifeste alors. 

Sources

[1]
2016, Qu’est-ce que la prééclampsie, Hôpital d’Ottawa.

[2]
2017, Pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et parfois gravissime, INSERM (Institut national de la santé et de la recherche), France, modifié le 30/11/2018, consulté le 17/08/2023.

[3]
2017, INSERM, Ibid..

[4]
S.R. Maynard, J-Y Min, J. Merchan et autres, 2003, Excess Placental soluble fms-like tyrosine kinase 1 (sFlt1) may contribute to endothelial dysfunction, hypertension, and proteinuria in preeclampsia, The Journal of Clinical Investigation, 1er mars 2003; 111(5):649-658, doi: 10.1172/JCI17189.

[5]
C. Puissant, P. Abraham, S. Durand, 2014, La fonction endothéliale : rôle, méthodes d’évaluation et limites, Journal des Maladies Vasculaires, 1er février 2014, pages 47-56, volume 39.

[6]
A. Diallo, A. A. Touré, M.C. Diallo, 2014, Statut à la naissance et prise en charge des nouveau-nés dans une maternité de dernier recours en Guinée, Périnatalité, 2022/4, volume 14, pages 174 à 179.

[7]
A.T. Dulay, 2022, Pré-éclampsie et éclampsie, Le Manuel Merck, Version pour professionnels de la santé, octobre 2022, modifié en novembre 2022, consulté le 18 août 2023.

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