Livre ouvert présentant un jardin en 3D avec un chien sur la page gauche, une enfant portant un parapluie rouge sur un chemin, page de droit,. Un lampadaire et des oiseaux sont également présent vers le centre.

Votre enfant se réveille durant la nuit, crie ou vient en courant se jeter sous vos draps. Vous vous demandez alors ce qui, dans sa journée, a pu entraîner chez lui ce cauchemar. 

Ces peurs, qui ne doivent pas être confondues avec des terreurs nocturnes, peuvent être agaçantes lorsqu’elles se répètent trop souvent. Mais, sachons que si elles nous coûtent en termes de qualité de sommeil, elles sont bénéfiques pour nos enfants. 

Pas le temps de tout lire ? Ce qu’il faut retenir

  • La peur durant les rêves permet une meilleure gestion des émotions.
  • Des nuits sans rêves entraînent des troubles de l’humeur. 
  • Trop de rêves ou de cauchemars peuvent être le signe de troubles psychiatriques.

La peur durant le rêve prépare à la peur réelle

Une équipe de chercheurs a fait une étonnante découverte au cours de deux études menées sur la peur durant le rêve[1].

Ils sont parvenus à conclure, au travers des neurosciences, que les peurs de nos enfants durant leurs rêves sont un élément important de leur développement cognitif. En effet, les rêves effrayants permettent à nos enfants de mieux gérer les réponses aux situations menaçantes qu’ils rencontrent durant la journée. 

En effet, la peur dans les rêves active les mêmes zones que la peur que l’on ressent en étant éveillé. Cette activation durant le sommeil des zones du cerveau en lien avec la peur, permet de mieux gérer les émotions induites par un danger durant l’éveil. 

A lire : Qu’est-ce que la peur ? Des symptômes au circuit de la peur

Ce constat ne concerne toutefois ni les syndrômes de stress post-traumatique, dont les cauchemars récurrents impactent négativement la régulation des émotions de ceux qui en sont victimes, ni les terreurs nocturnes.

Plus l’enfant a peur durant ses rêves, mieux il gère ses émotions

L’étude révèle que l’expérience de la peur durant le rêve permet un meilleur contrôle de l’amygdale dans la gestion d’événements réels. 

Autrement dit, l’enfant aura toujours peur face à une situation menaçante, mais sa réaction sera moins disproportionnée que chez un enfant qui ne ferait pas, ou ferait moins l’expérience de la peur durant ses rêves. 

Le rêve régule nos émotions

L’activation des mêmes zones du cerveau par la peur liée à un rêve, que par la peur liée à un événement réel, a mis en évidence le rôle du rêve dans la régulation de nos émotions. 

Au point que le rêve nous permet de mieux diriger les émotions que nous avons vécues durant la journée et d’apprendre d’elles. Mais, le rôle du rêve ne s’arrête pas là. Lorsque la phase de sommeil dans laquelle les rêves se produisent est altérée, des problèmes d’humeur apparaissent durant la journée[2].

Les études sur le rêve et sa fonction vont même plus loin, soulignant qu’un trop grand nombre de rêves ou de cauchemars avaient un lien direct avec des troubles du sommeil ou des troubles psychiatriques[3].

Du jour à la nuit, le rêve est une continuité

De nombreuses études ont été menées ces dernières décennies, avec pour conséquence de mieux comprendre le rôle de l’amygdale, du cortex préfrontal, et de l’hippocampe.

Ce qui en ressort est que ces éléments de notre cerveau, qui forment le circuit de nos émotions, mais également le circuit de la peur, font le lien entre notre éveil et notre sommeil. Ils semblent être en mesure de nous faire mieux accepter les charges émotionnelles de la journée. 

Le rêve joue même un rôle fondamental dans notre capacité à mieux faire accepter les émotions traumatiques à notre psyché. Le traitement des syndromes de stress post-traumatique par le rêve est une des pistes suivies aujourd’hui par la science[4].

Références

[1]
Sterpenich V., Perogamvros L., Tononi G. et autre, 2019, Fear in dreams and in wakefulness: Evidence for day/night affective homeostasis, Human Brain Mapping, 30 octobre 2019 Volume 41, issue 3, pages 840-850 doi.org/10.1002/hbm.24843

[2]
Scarpelli S., Bartolacci C., D’Atri A., et autres, 2019, The Functional Role of Dreaming in Emotional Processes, Frontiers in Psychology, 15 mars 2019, doi : 10.3389/fpsyg.2019.00459.

[3]
Carwright R., Baehr E., Kirby J. et autre, 2003, REM sleept reduction, mood regulation and remission in untreated depression, Psychiatry Research, 1 décembre 2003, Volume 121, Issue 2, pages 159-167 doi : 10.1016/S0165-1781(03)00236-1

[4]
Germain A., Buysse D.J., Shear M.K. et autre, 2004, Clinical correlates of poor sleep quality in posttraumatic stress disorder, Journal of Traumatic Stress, décembre 2004, 17(6), pages 477-84, doi : 10.1007/s10960-004-5796-6

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