Femme enceinte portant une fleur rouge.

Pourquoi “yoga” rimerait-il avec “secte” ? Cette pratique, qui diminue le stress, renforce la santé mentale, améliore le sommeil et diminue l’anxiété, serait plus que bénéfique[1].

Pourtant, nous nous sommes posé la question à la lecture d’un phénomène qui a démarré aux Etats-Unis, puis s’est exporté tous azimuts : le “lotus birth”. Il s’agit de la volonté de certaines parturientes de ne pas couper le cordon ombilical du bébé, mais de le laisser tomber tout seul, accroché au placenta pourrissant.

Cette pratique, encore rare, fait son chemin. Si les chiffres manquent, on sait que 100 accouchements par an en Italie sont des “Lotus Birth”, et que l’Australie, la Turquie, mais aussi la Tanzanie, sont concernés par cette pratique[2].

Le problème est qu’elle augmente malheureusement les risques de septicémie du bébé[3].

Quels liens entre le lotus birth et le yoga ?

A priori, aucun. La pratique est née dans l’esprit de Claire Lotus, une Américaine qui observait la naissance de chimpanzés. Constatant que la mère chimpanzé ne coupe pas le cordon ombilical, mais laisse le placenta accroché au bébé (placenta accroché au bébé)[4], cette dernière a décidé de faire pareil pour la naissance de son fils. Nous sommes dans les années 1970 (les années 1970)[5].

L’idée se répand dans la société américaine dès les années 1980, portée par Jeannine O’Brien, une célèbre pratiquante de yoga, plus connue sous le nom de Jeannine Parvati Baker.

Pourquoi le yoga ? Si Jeannine Parvati Baker avait été pongiste, on ne dirait pas que le ping-pong a un quelconque rapport avec le lotus birth.

C’est la mivilude qui nous éclaire sur la problématique du yoga comme dérive sectaire (comme dérive sectaire)[6]. En effet, le yoga est de plus en plus utilisé par des individus organisant des séminaires, retraites ou séjours dans des endroits isolés.

Le but ? Jeûner, tout en profitant de nombreuses prestations pseudo-thérapeutiques dans lesquelles le yoga tient une place de choix à côté du Shiatsu, de la programmation neurolinguistique, ou encore du chamanisme.

Le yoga fait-il partie des dérives sectaires ?

Non, mais il accompagne souvent les pratiques des pseudo-thérapeutes, et sert de point d’entrée dans des groupes qui prônent la guérison par le jeûne.

Dans ces cas-là, le produit est souvent une formation, un stage, une cure ou autre séminaire qui est vendu plusieurs milliers d’euros à ses participants qui, bien sûr, sont invités à y revenir.

En août 2021, une femme de 44 ans décédait des suites de l’un de ces stages, orgnisé en Indre-et-Loire[7].

La problématique commence toujours lorsque le professeur de yoga entend donner des conseils de santé individualisés à ses élèves. Le lotus birth fait partie de ces conseils, qui peuvent amener un nouveau-né droit à la mort.

Quels sont les risques du lotus birth ?

Une fois le nouveau-né mis au monde, la mère le ramène à la maison alors qu’il est toujours accroché à son placenta. Il faudra entre 3 et 10 jours, selon le taux d’humidité dans l’air, pour que le cordon ombilical se détache naturellement.

Pendant ce temps, le placenta commence à pourrir. La mère doit alors le saupoudrer de sel et de gingembre pour limiter l’odeur de putréfaction s’en échappant[8].

Les scientifiques n’hésitent pas à employer des termes très durs pour qualifier la technique du lotus birth : “Le lotus birth est déconseillé, tant du point de vue scientifique que du point de vue logique et rationnel” [9].

Pour eux, le lotus birth engendre un risque de thrombose via la formation de caillots induits par la présence du placenta, qui entraîne un bas débit sanguin chez le nouveau-né.

Une hépatite néonatale idiopathique peut également se manifester suite à cette pratique, c’est-à-dire une inflammation du foie.

Parce que le lotus birth n’est rien d’autre que la pratique de laisser attaché à son enfant un morceau de viande pourrissant, le lotus birth engendre un risque réel d’infection, de septicémie, et même d’hépatites[10].

Le lotus birth est donc une pratique née de l’observation de chimpanzés, qui est maintenant conseillée par des pseudo-thérapeutes, en dépit du bon sens.

Références

[1]
2021, Yoga: What you need to know, National Center for Complementary and Integrative Health.

[2]
A. Bonsignore, F. Buffelli, R. Ciliberti, 2019, Medico-legal considerations on “Lotus Birth” in the Italian legislative framework, Italian Journal of Pediatrics, 18 mars 2019, doi 10.1186/s13052-019-0632-z.

[3]
W. Kyejo, D. Rubagumya, C. Mwalo, et autres, 2022, “Do not detach the placenta from my baby’s cord” – Lotus birth case series from Tanzania tertiary hospital, International Journal of Surgery Case Reports, 09 septembre 2022.

[4]
W. Kyejo, D. Rubagumya, C. Mwalo, et autres, 2022, Ibid.

[5]
K. Bindley, 2013, Lotus Birth: Does not cutting the umbilical cord benefit baby ?, Huffpost.

[6]
Les dérives sectaires dans le domaine de la santé, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes, France).

[7]
J. Morin, 2021, Alerte sur certaines pratiques dérivées du yoga et de la méditation, Europe 1.

[8]
A. Bonsignore, F. Buffelli, R. Ciliberti, 2019, Ibid.

[9]
A. Bonsignore, F. Buffelli, R. Ciliberti, 2019, Ibid.

[10]
2022, Lotus Birth, Leaving the umbilical cord intact, Government of South Australia (SA Health), brochure d’information.

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